Procès de Toni Musulin: L'ex-convoyeur risque cinq ans de prison
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Procès de Toni MusulinL'ex-convoyeur risque cinq ans de prison

Jugé depuis mardi matin devant le tribunal correctionnel de Lyon, l'ex-convoyeur de fonds Toni Musulin est accusé d'avoir détourné son propre fourgon. Il risque cinq ans de prison.

Toni Musulin aurait détourné son propre fourgon, en mai 2009.

Toni Musulin aurait détourné son propre fourgon, en mai 2009.

Cinq ans de prison, une interdiction de travailler dans les transports de fonds et un maintien en détention ont été requis mardi par le ministère public à l'encontre de Toni Musulin, l'ancien convoyeur de fonds accusé d'avoir volé 11,6 millions d'euros en détournant son propre fourgon en novembre dernier.

M. Musulin est également poursuivi devant le tribunal correctionnel de Lyon pour une tentative d'escroquerie après la déclaration de vol de sa Ferrari en mai 2009.

Le procureur Nicolas Hennebelle a rappelé que Toni Musulin avait «bien volé 11,6 millions d'euros» et qu'il manquait «toujours 2,5 millions d'euros». «C'est un homme calculateur, entêté, parfois cynique. Ce n'est pas un Arsène Lupin, un Robin des Bois des temps modernes», a-t-il lancé, «qu'il assume la peine prévu par la loi».

Le procureur a estimé que «cinq ans encourus, ce n'est peut-être pas suffisant pour certains. Ce n'est pas un braquage, un vol avec violence. Là, il encourait vingt ans et la cour d'assises».

Peu prolixe

Très prolixe dans la matinée sur le vol des 11,6 millions d'euros, le prévenu s'est montré beaucoup moins loquace dans l'après-midi sur la tentative d'escroquerie à l'assurance de sa Ferrari, déclarée volée en mai 2009, pour laquelle il encourt cinq ans de prison.

Selon l'accusation, le convoyeur se serait rendu en Serbie avec son véhicule le 1er mai pour revenir en France à bord d'un car le 6 et déposer plainte pour vol le 8 mai en affirmant que son véhicule lui avait été dérobé en Savoie.

Selon l'ordonnance de renvoi, «le téléphone portable de Toni Musulin a activé des relais situés en Serbie ou au Monténégro le 2 mai» et «il a été contrôlé en possession de son passeport à bord de sa Ferrari à la frontière de la Croatie et de la Serbie le 1er mai à 23h48». Ce qu'a nié le prévenu à la barre, sans pouvoir donner beaucoup d'explications, disant «ne pas comprendre» ou «avoir l'habitude de passer par la Hongrie pour se rendre en Serbie».

Son avocat, Me Hervé Banbanaste, a alors montré une feuille de paie qui montre que Toni Musulin était au travail la fameuse semaine où il était censé se trouver en Yougoslavie début mai 2009. Un témoin surprise s'est alors présenté à la barre, à la demande de Me Claudia Chemarin-Maisonneuve, l'avocate de la société qui l'employait. Manuèle Fort, directeur juridique de Loomis, a affirmé que la présence de Toni Musulin n'était pas notée sur les feuilles de route» pendant cette semaine-là.

«Je suis quelqu'un de normal, j'ai toujours travaillé. J'ai eu un souci avec mon patron et je lui ai fait payer à ma manière», avait déclaré le convoyeur à l'ouverture de son procès, debout dans son box vitré, essayant d'expliquer son acte.

Alors qu'il n'encourait que trois ans d'emprisonnement pour le vol simple des 11,6 millions d'euros, le convoyeur risque cinq ans pour la tentative d'escroquerie.

L'audience devant le TGI de Lyon est prévue pour durer une journée avec un risque de prolongation à mercredi. Le jugement devrait être rendu dans la foulée. (ap)

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