Actualisé 26.10.2009 à 05:44

Présidentielle en Uruguay

L'ex-guérillero José Mugica en ballotage serré

José Mujica, le candidat de la coalition de gauche au pouvoir en Uruguay, a remporté le premier tour de l'élection présidentielle de dimanche.

Cet ancien guérillero devra toutefois faire face à un ballottage serré face à l'ancien président libéral Luis Alberto Lacalle.

Selon les projections des instituts de sondages, M. Mujica, 74 ans, a obtenu entre 47 et 49% des voix, contre 28 à 31% pour son rival du Parti national. Mais lors du second tour, le 29 novembre, le candidat libéral pourra compter sur le soutien de l'autre candidat de centre-droit, Pedro Bordaberry (Parti colorado), arrivé troisième avec 17 à 18% des voix.

«A titre personnel, je vais voter pour le docteur Lacalle au second tour», a déclaré M. Bordaberry devant ses supporters, précisant que la position officielle de son parti serait arrêtée mercredi.

Par le passé, le Parti national et le Parti colorado se sont à plusieurs reprises alliés pour faire barrage au Frente amplio (Front élargi), la coalition de gauche de M. Mujica arrivée au pouvoir pour la première fois en 2004.

Perte de majorité au parlement ?

Ce regain du Parti colorado pourrait avoir aussi pour conséquence de priver la gauche de la majorité qu'elle détenait dans les deux chambres du parlement. Selon les estimations, le Frente amplio se trouverait à égalité avec la droite au Sénat et en légère minorité à la chambre basse.

La Cour électorale ne devrait pas fournir de résultats définitifs avant lundi dans la matinée.

«La société nous demande un effort de plus, participer à un second tour», a déclaré M. Mujica au cours d'une conférence de presse. «Nous avons été très près d'avoir une majorité», a-t-il souligné, se disant «très optimiste pour ce second tour». «Nous allons diriger le pouvoir exécutif le 29 novembre», a répondu M. Lacalle.

José Mujica, présenté davantage comme un réformiste que comme un révolutionnaire par les analystes, a promis de prolonger l'action du gouvernement sortant de Tabaré Vazquez, premier président de gauche du l'histoire du pays et qui, aux termes de la constitution, ne pouvait pas se représenter. Sous son mandat, le chômage a notamment été divisé par deux grâce à une croissance soutenue.

Pendant sa campagne, M. Lacalle a, quant à lui, pointé du doigt l'augmentation de l'insécurité et s'est engagé à procéder à une vaste réforme de l'Etat.

Réformes rejetées

Les Uruguayens ont par ailleurs rejeté les deux réformes constitutionnelles soutenues par la gauche qui leur étaient proposées par référendum.

La première proposait d'annuler la loi d'»amnistie», qui a empêché toute poursuite contre les policiers et militaires coupables de violation des droits de l'homme durant la dictature (1973-1985). Selon les sondages, le «oui» n'a recueilli que 47,7% à 48,3% des suffrages, alors qu'il fallait 50% pour que le texte soit adopté.

Alors que l'Argentine a annulé ses lois d'amnistie de la dictature (1976-1983) en 2003 et qu'environ 500 militaires sont poursuivis au Chili pour crimes contre l'humanité commis sous le régime du général Augusto Pinochet (1973-1990), le sort des disparus uruguayens reste largement inconnu.

Seuls dix responsables policiers ou militaires ont été condamnés pour des exactions commises durant la dictature, qui a laissé 231 disparus en Uruguay (3,4 millions d'habitants) et à l'étranger, selon la Commission de la Paix, créée par la présidence en 2000.

La seconde réforme visant à autoriser le vote par correspondance des Uruguayens de l'étranger n'a recueilli que 36,6% de votes favorables, selon l'institut Equipo Mori.

(ats)

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