San Diego : L'ex-maire détournait des fonds caritatifs

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San Diego L'ex-maire détournait des fonds caritatifs

Maureen O'Connor aurait utilisé deux millions de dollars d'un fonds d'aide aux nécessiteux pour rembourser une dette de jeu estimée à 13 millions de dollars (près de 12 millions de francs).

par
Guillaume Serina
Los Angeles

Elle était entrée dans l'histoire en devenant la première femme élue à la mairie de San Diego, la huitième plus grande ville des Etats-Unis. Mais les Américains se souviendront désormais de Maureen O'Connor comme d'une paria. La femme de 66 ans comparaissait jeudi devant une cour fédérale de San Diego pour «utilisation frauduleuse de fonds».

Tout aurait commencé à la fin du mandat de O'Connor, en 1992, selon le «San Diego Union-Tribune». Etait-ce pour tromper l'ennui? Toujours est-il que la politicienne a joué, beaucoup joué et parié très gros, en particulier au poker video dans les casinos de San Diego, Las Vegas et Atlantic City. Une addiction qui l'aurait mené à gagner, entre 2000 et 2009, plus d'un milliard de dollars. Problème : elle a perdu encore plus.

Ses pertes sont à hauteur de 13 millions de dollars: il faut donc rembourser. Maureen O'Connor, dont la fortune personnelle a été estimée dans le passé à 40 ou 50 millions de dollars (37 ou 46 millions de francs), «emprunte» donc par deux fois un peu plus d'un million de dollars (plus de 900'000 francs), en 2008 et 2009, au fond appartenant à son mari, Robert Peterson, aujourd'hui décédé. Il était le fondateur de la chaîne de fast-food Jack in the Box et avait créé la R.P.Foundation pour redistribuer l'argent à plusieurs organisations caritatives.

Elle voulait rendre l'argent

«J'ai toujours compté rembourser, s'est défendue Maureen O'Connor à la barre, chancelante. Et je vais rembourser. Dans cette période, j'ai perdu mon mari, trois de mes frères et soeurs, des amis», soulignant les difficultés émotionnelles rencontrées. La Cour a semble-t-il été sensible à ses arguments et aux problèmes de santé de l'accusée: une tumeur au cerveau lui a été enlevée l'année dernière et, après un AVC, O'Connor a du mal à marcher, à s'exprimer et à comprendre.

Elle vit aujourd'hui avec sa sœur jumelle. Résultat, l'ancienne édile a deux ans pour rembourser et suivre un traitement anti-addiction au jeu. Si elle ne «joue pas le jeu», une condamnation sera automatique.

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