Actualisé 23.01.2018 à 04:56

Corée du Sud

L'ex-ministre de la culture condamnée à la prison

L'ex-ministre de la présidente destituée écope de deux ans de prison pour une «liste noire» d'artistes d'opposition.

Cho Yoon-sun, ex ministre de la culture était aussi une proche de la présidente Park Geun-hye, destituée après un vaste scandale de corruption. (Image - mardi 23 janvier 2018)

Cho Yoon-sun, ex ministre de la culture était aussi une proche de la présidente Park Geun-hye, destituée après un vaste scandale de corruption. (Image - mardi 23 janvier 2018)

Keystone

L'ex-ministre sud-coréenne de la culture Cho Yoon-sun a été condamnée mardi en appel à deux ans de prison pour son rôle dans l'établissement d'une «liste noire» de près de 10'000 artistes critiques envers la présidente Park Geun-hye. Cette dernière a été destituée.

Mme Cho avait été relaxée en juillet en première instance, écopant seulement d'une peine d'emprisonnement avec sursis pour des infractions moins graves. Le parquet avait alors fait appel.

La cour d'appel de Séoul a également durci mardi la sanction contre l'ex-directeur de cabinet de Mme Park, Kim Ki-choon, lui infligeant une peine de quatre ans de prison, contre trois en première instance.

Avant d'être nommée ministre de la culture en septembre 2016, Mme Cho avait occupé le poste de conseillère politique de l'ex-présidente. Il est «raisonnable» de penser qu'elle collabora aux «tentatives visant à priver certains artistes de subventions publiques».

Une gifle pour Park

L'ex-ministre aujourd'hui âgée de 51 ans, qui avait été libérée sous caution, a été arrêtée à l'issue de l'audience. Cette décision est une gifle à l'égard de Mme Park, actuellement jugée dans le retentissant scandale de corruption qui a précipité sa disgrâce.

La campagne de répression contre ces milliers de musiciens, écrivains, cinéastes, danseurs, acteurs et plasticiens fait partie des choses reprochées à l'ancienne présidente, qui est jugée depuis mai pour de multiples chefs y compris corruption, coercition et abus de pouvoir, et risque la prison à vie.

Sur la liste figuraient notamment la romancière Han Kang, vainqueur en 2016 du Man Booker Prize, l'un des principaux prix littéraires pour les écrivains de langue anglaise, ou encore Park Chan-wook, le réalisateur d'«Old boy», qui avait remporté le grand prix du festival de Cannes, en 2004.

L'idée de cette liste était d'étouffer les voix discordantes en privant ces artistes d'aides publiques ou de soutiens financiers privés. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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