Japon: L'ex-ministre de la Justice arrêté pour un scandale d'achat de voix
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JaponL'ex-ministre de la Justice arrêté pour un scandale d'achat de voix

L’épouse de l’ancien membre du gouvernement a également été interpellée. Le couple aurait déboursé de grosses sommes pour truquer les résultats, lors des dernières élections au Sénat.

Anri Kawai et son époux, Katsuyuki, sont accusés d’avoir versé plus de 200’000 francs pour s’assurer de disposer d’un siège au Sénat.

Anri Kawai et son époux, Katsuyuki, sont accusés d’avoir versé plus de 200’000 francs pour s’assurer de disposer d’un siège au Sénat.

AP/Keystone

L'ancien ministre de la Justice japonais, Katsuyuki Kawai, et son épouse ont été arrêtés jeudi après avoir fait l’objet d’accusations d'achats de voix au cours d'une campagne électorale l'an dernier.

Ce scandale touchant un de ses proches alliés survient au plus mauvais moment pour le Premier ministre japonais Shinzo Abe, alors que sa cote de popularité est sérieusement entamée par de vives critiques sur sa gestion de la crise sanitaire et sur une tentative présumée d'avoir voulu faire nommer un favori au poste de procureur général.

Katsuyuki Kawai, 57 ans, avait démissionné en octobre 2019 à la suite d'une autre affaire concernant la campagne électorale de son épouse Anri, 46 ans. Le couple est à présent accusé d'avoir proposé à des personnalités politiques locales et à d'autres personnes de l'argent pour s'assurer un siège au Sénat.

Ils veulent garder leurs mandats

L'ancien ministre et sa femme ont tous deux démissionné du Parti libéral démocrate (PLD) de Shinzo Abe mais ont l'intention de garder leurs mandats parlementaires, selon les médias japonais.

Ils ont, toujours selon la presse nippone, nié les accusations portées contre eux, notamment celle d'avoir distribué un total de 24 millions de yens (plus de 213’000 francs) à 91 personnes, dans le but d'obtenir le siège de Anri Kawai au Sénat. Le couple aurait aussi donné 1,7 million de yens (environ 15’000 francs) à cinq personnes faisant campagne pour elle.

Lors d'une conférence de presse télévisée jeudi, Shinzo Abe a jugé l'arrestation «extrêmement regrettable» et a présenté ses «profondes excuses», disant s'en vouloir d'avoir nommé Katsuyuki Kawai ministre de la Justice. Le Premier ministre a assuré vouloir faire toute la lumière sur cette affaire, sans toutefois exprimer la possibilité de démissionner lui-même.

Premier ministre critiqué à tout va

Malgré un taux de mortalité relativement faible au Japon (935 décès enregistrés depuis le début de la crise du coronavirus), Shinzo Abe a été critiqué pour un revirement embarrassant sur un programme d'aide financière, puis ridiculisé pour la distribution à chaque foyer de deux masques lavables de taille plutôt réduite .

Il a aussi essuyé une volée de critiques pour avoir tenté de modifier l'âge de départ à la retraite des procureurs, un geste perçu comme permettant de garder et de promouvoir un magistrat de son entourage. Cette affaire s'est soldée par la démission du procureur en question le mois dernier, après des révélations selon lesquelles il aurait violé les règles tacites de l'état d'urgence en jouant des parties de mah-jong avec des journalistes.

(AFP)

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