Parmalat: L'ex-patron Calisto Tanzi condamné à 10 ans de réclusion
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ParmalatL'ex-patron Calisto Tanzi condamné à 10 ans de réclusion

Calisto Tanzi, l'ex-patron du groupe alimentaire italien Parmalat dont le krach en 2003 a laissé un trou de 14 milliards d'euros, a été condamné à dix ans de réclusion par le tribunal correctionnel de Milan.

Le procureur avait requis 13 ans, estimant qu'il n'avait pas de circonstances atténuantes.

L'ex-patron de Parmalat était poursuivi pour manipulation des cours de Bourse, complicité de faux en bilan avec les contrôleurs des comptes et entrave aux audits. Le tribunal a par ailleurs relaxé sept inculpés dont trois cadres de la Bank of America.

Il a également accepté la procédure de négociation de la peine pour dix inculpés, fixant leur condamnation entre deux mois et cinq mois et dix jours de prison.

La société d'audit Italaudit (ex-Grant Thornton) a été pour sa part condamnée à une amende de 240 000 euros et à la confiscation de 455 000 euros.

Deuxième procès

Ce procès qui avait commencé en septembre 2005 devant le tribunal de Milan est le premier dans l'affaire du krach du groupe alimentaire, un des plus gros scandales financiers de ces dernières années en Europe. Un deuxième procès, également devant le tribunal de Milan, s'est ouvert en janvier 2008.

Trois banques étrangères, les américaines Citigroup et Morgan Stanley ainsi que l'allemande Deutsche Bank, et plusieurs employés, y sont accusés de manipulations des cours et de fausses communications financières. Quatre dirigeants de la banque suisse UBS, initialement poursuivis dans ce dossier, ont obtenu la négociation de leur peine en novembre.

Titres vendus

Le plus gros procès dans le cadre de l'enquête sur le krach, par le nombre des prévenus et par les peines encourues, s'est ouvert en mars dernier à Parme où se trouve le siège du groupe. Cinquante- cinq personnes y sont poursuivies notamment pour banqueroute frauduleuse et association de malfaiteurs, dont Calisto Tanzi.

Le Parquet, mais aussi les avocats de M. Tanzi, ont accusé les banques au cours de l'enquête d'avoir vendu au public des titres Parmalat afin de sauvegarder leurs propres investissements dans le groupe, tout en connaissant son insolvabilité.

Parmalat, qui regroupait une myriade de sociétés, était présent également dans le football notamment avec le club de Parme, et dans le tourisme, avec Parmatour. Le groupe employait à l'époque 36 000 personnes dans 30 pays du monde entier. Son krach a englouti les économies de 135 000 épargnants italiens.

(ats)

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