Espagne: L'ex-patron du FMI assure que tout était «légal»
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EspagneL'ex-patron du FMI assure que tout était «légal»

Plusieurs cadres de la caisse d'épargne Caja Madrid puis de Bankia se trouvent devant la justice pour corruption.

Rodrigo Rota se rendant à son procès.

Rodrigo Rota se rendant à son procès.

photo: Reuters/Susana Vera

L'ex-patron du Fonds monétaire international Rodrigo Rato, jugé mardi en Espagne pour détournement de fonds quand il était banquier, a présenté comme «parfaitement légal» le système des «cartes visas au noir». Le parquet anti-corruption requiert à son encontre quatre ans et de demi d'emprisonnement.

L'ancien ministre de l'Economie est jugé aux côtés de 64 autres anciens dirigeants et membres des conseils d'administration de la caisse d'épargne Caja Madrid puis de Bankia. Tous sont accusés d'avoir réglé des dépenses personnelles à tout-va avec des cartes bancaires «occultes», sans rien justifier ni déclarer au fisc.

Le procès concerne 12 millions d'euros (13 millions de francs) dépensés entre 2003 et 2012. Les frais acquittés allaient du plein d'essence au séjour en hôtel cinq étoiles, en passant par des soirées en discothèque. «Je soutiens qu'il s'agit de frais légaux et donc déductibles», a tranquillement déclaré devant les juges Rodrigo Rato, ancien président de Caja Madrid puis de Bankia, interrogé pour la première fois depuis le début du procès le 26 septembre.

Un «système corrompu»

Selon l'acte d'accusation, il aurait maintenu en 2009 le «système corrompu» établi par l'ancien président de Caja Madrid (1996-2009), Miguel Blesa, puis l'aurait reproduit au sein de Bankia. Mais il a assuré n'avoir jamais eu «aucune raison de douter» de la légalité du système mis en place au sein de Caja Madrid, un simple complément de rémunération. «Que ce soit des cartes, des virements ou des chèques, en définitive, il s'agit d'un moyen de paiement», a-t-il dit.

Concernant l'étape au sein de Bankia, il a indiqué qu'il s'agissait de simples avances sur salaires. Lui-même avait dépensé plus de 99'000 euros en deux ans avec les deux cartes dont il disposait.

Le parquet anti-corruption requiert à son encontre quatre ans et de demi d'emprisonnement, une amende de 108'000 euros et le paiement d'une indemnisation de 2,6 millions d'euros pour les dépenses réalisées sous sa présidence. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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