Actualisé 21.03.2017 à 08:53

Corée du SudL'ex-présidente Park devant le parquet

La présidente destituée était entendue mardi sur le scandale de corruption et de trafic d'influence qui a précipité sa chute.

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L'ex-présidente sud-coréenne Park Geun-hye a été condamnée vendredi en appel à 25 ans de prison pour corruption. (Vendredi 24 août 2018)

L'ex-présidente sud-coréenne Park Geun-hye a été condamnée vendredi en appel à 25 ans de prison pour corruption. (Vendredi 24 août 2018)

AFP
Park Geun-hye a déposé devant la justice de son pays un document par lequel elle renonce à faire appel de sa condamnation. L'ancienne présidente a pris 24 ans de prison pour corruption. (16 avril 2018)

Park Geun-hye a déposé devant la justice de son pays un document par lequel elle renonce à faire appel de sa condamnation. L'ancienne présidente a pris 24 ans de prison pour corruption. (16 avril 2018)

Keystone
Park Geun-hye a été condamnée à 24 ans de prison. Elle a été reconnue coupable de corruption, abus de pouvoir et de coercition. (Vendredi 6 avril 2018)

Park Geun-hye a été condamnée à 24 ans de prison. Elle a été reconnue coupable de corruption, abus de pouvoir et de coercition. (Vendredi 6 avril 2018)

Keystone

La présidente destituée de Corée du Sud, Park Geun-Hye, s'est présentée mardi devant les magistrats du parquet pour être entendue sur le retentissant scandale de corruption et de trafic d'influence qui a précipité sa chute.

Pendant des mois, Park Geun-Hye s'était servie de son immunité pour éviter de répondre aux questions des enquêteurs. «Je collaborerai avec sincérité à l'enquête», a-t-elle dit à son arrivée au bureau des procureurs de Séoul, présentant ses excuses au public.

La première femme chef de l'Etat de Corée du Sud a été destituée le 9 décembre par l'Assemblée nationale alors que des millions de personnes étaient descendues dans la rue pour exiger son départ. Le scandale à tiroirs a jeté une lumière crue sur les liens troubles entre le monde de la politique et celui des affaires dans la quatrième économie d'Asie.

Citoyenne ordinaire

La destitution de la fille du défunt dictateur militaire Park Chung-Hee, qui a grandi dans le palais présidentiel, a été confirmée le 10 mars par la plus haute instance judiciaire. C'est en tant que citoyenne ordinaire que Park Geun-Hye est sortie de chez elle, son convoi se frayant un passage parmi la foule de ses partisans qui agitaient des drapeaux avant de prendre de la vitesse.

Chaque mètre de son court trajet a été filmé en direct par la télévision, certains cameramen suivant le convoi en moto ou en voiture, d'autres étant postés à intervalles réguliers sur la route.

L'audition d'un suspect est une étape essentielle de la procédure pénale avant une inculpation éventuelle. Elle peut durer plusieurs heures, jusque tard dans la nuit, ou être suspendue pour reprendre à une autre date.

Scandale autour de Choi Soon-Sil

Le scandale est centré sur l'amie de 40 ans de Park Geun-Hye, Choi Soon-Sil, elle-même en procès pour avoir soutiré des millions de dollars à de grands groupes industriels.

Park Geun-Hye, 65 ans, risque d'être inculpée de chefs multiples, abus de pouvoir, corruption ou coercition. Elle fait face à deux parquetiers et à un enquêteur. Elle est assistée par un avocat, lequel ne peut intervenir, uniquement la conseiller pendant les pauses.

Elle est le quatrième chef de l'Etat à faire l'objet de poursuites ou d'enquêtes dans des scandales de corruption. Les anciens hommes forts Chun Doo-Hwan et Roh Tae-Woo ont purgé des peines de prison pour corruption dans les années 1990. Le président Roh Moo-Hyun, élu démocratiquement, s'était suicidé en 2009 durant une enquête pour corruption le visant lui et sa famille.

Faveurs aux entreprises

Park Geun-Hye est soupçonnée de collusion avec sa confidente de l'ombre. Choi Soon-Sil est accusée de s'être servie de son influence sur la présidente pour contraindre divers conglomérats, dont le mastodonte Samsung, à verser près de 70 millions de dollars à deux fondations sous son contrôle.

Il est reproché à l'ancienne présidente d'avoir accordé des faveurs politiques aux capitaines d'industrie qui s'étaient montrés généreux avec Choi Soon-Sil, parmi lesquels Lee Jae-Yong, l'héritier de Samsung. M. Lee a été placé en détention provisoire et inculpé.

Park Geun-Hye est aussi accusée d'avoir permis à Choi Soon-Sil, qui n'avait ni fonction officielle ni habilitation de sécurité, de se mêler des affaires de l'Etat, y compris des nominations au sommet.

Chef religieux

La présidente est en outre soupçonnée d'avoir contraint ses collaborateurs à dresser une «liste noire» de milliers d'artistes privés de subventions publiques pour l'avoir critiquée. Le parquet lui reproche aussi d'avoir contraint des groupes comme le constructeur Hyundai ou le producteur d'acier Posco à octroyer des contrats lucratifs à des entreprises ou des individus ayant partie liée avec Choi Soon-Sil.

Les liens entre les deux femmes découlent de la relation qu'entretenait Park Geun-Hye avec le père de Choi Soon-Sil, Choi Tae-Min, mystérieux chef religieux qui fut son mentor jusqu'à sa mort en 1994. Sept fois marié, fondateur d'un mouvement aux allures de secte, il avait aussi été accusé de s'être servi de son entregent pour extorquer de l'argent à des entreprises.

Park Geun-Hye a démenti avec constance toute malversation, accusant Choi Soon-Sil d'avoir abusé de sa confiance.

Une présidentielle anticipée aura lieu le 9 mai. Moon Jae-In, ancien chef du Parti démocratique, principale formation de l'opposition progressiste, fait figure de grand favori. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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