Venezuela: L'ex-procureure en fuite accable Maduro
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VenezuelaL'ex-procureure en fuite accable Maduro

Luisa Ortega, l'ex-procureure dissidente qui a fui vers le Brésil, a accusé mercredi Nicolas Maduro de corruption. Elle dit craindre pour sa vie.

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LEs services de renseignements vénézuéliens ont mené une perquisition dans les bureaux du chef de l'opposition Juan Guaido, actuellement en Europe. (Mardi 21 janvier 2020)

LEs services de renseignements vénézuéliens ont mené une perquisition dans les bureaux du chef de l'opposition Juan Guaido, actuellement en Europe. (Mardi 21 janvier 2020)

AFP
Le secrétaire d'État américain a appelé à en «finir avec la tyrannie» de celui qu'il ne considère plus comme le président du Venezuela. (Lundi 20 janvier 2020)

Le secrétaire d'État américain a appelé à en «finir avec la tyrannie» de celui qu'il ne considère plus comme le président du Venezuela. (Lundi 20 janvier 2020)

AFP
L'opposant Juan Guaido s'est rendu dimanche en Colombie pour rencontrer le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo. (19 janvier 2020)

L'opposant Juan Guaido s'est rendu dimanche en Colombie pour rencontrer le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo. (19 janvier 2020)

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L'ex-procureure générale du Venezuela Luisa Ortega, en fuite à Brasilia, a affirmé mercredi détenir «beaucoup de preuves» de la corruption du président socialiste vénézuélien Nicolas Maduro, et dit craindre pour sa vie.

Arrivée tard mardi en provenance de Colombie, où elle s'était d'abord rendue, Mme Ortega a profité de la tribune offerte à Brasilia par une réunion des procureurs des pays du Mercosur - le marché commun sud-américain - pour fustiger le pouvoir chaviste (du nom du défunt Hugo Chavez, président de 1999 à 2013).

«Ce qui se passe au Venezuela, c'est la mort du droit. La stabilité de la région est en danger», a-t-elle affirmé. «Le Venezuela traverse une grave crise qui empêche (la population) d'avoir accès à l'alimentation, à la santé et aux médicaments de base». Élu en 2013, le président Maduro est confronté depuis cinq mois à une vague de manifestations pour exiger son départ, qui ont fait 125 morts sur fond de naufrage économique.

«Persécution politique»

Chaviste entrée en dissidence puis relevée de ses fonctions par le pouvoir, l'ex-procureure a fui vendredi le Venezuela, où elle se considère victime d'une «persécution politique». «J'ai reçu des menaces sur ma vie et je (tiendrais) le gouvernement vénézuélien responsable si quelque chose devait arriver», a-t-elle affirmé.

Luisa Ortega a attaqué l'intégrité des hauts responsables de son pays, affirmant détenir «beaucoup de preuves, concrètement dans l'affaire Odebrecht, qui mettent en cause de nombreux hauts responsables vénézuéliens, à commencer par le président de la République».

Le groupe brésilien de BTP Odebrecht, l'un des plus grands groupes de construction d'Amérique latine, est au coeur d'un scandale de corruption qui a secoué tout le continent, avec la constitution d'un cartel ayant truqué des marchés de sous-traitance de la compagnie pétrolière brésilienne Petrobras, distribuant des pots-de-vin à des hommes politiques.

Ortega va livrer des informations

«Dans le cas d'Odebrecht, nous avons découvert qu'ils avaient versé 100 millions de dollars à Diosdado Cabello à travers une entreprise espagnole possédée par ses cousins», a accusé Luisa Ortega. Ancien président de l'Assemblée nationale, Diosdado Cabello est le numéro deux du pouvoir chaviste.

«L'Etat vénézuélien a payé 300 milliards de dollars d'argent public pour des chantiers qui sont actuellement paralysés. Nous avons tous les éléments qui impliquent» Nicolas Maduro et son entourage, a affirmé l'ancienne procureure.

Au Venezuela, Odebrecht a notamment participé aux travaux de l'aéroport de Caracas, de téléphériques, d'une centrale hydraulique et d'un pont sur le lac de Maracaibo. Une dizaine de ces chantiers sont à l'arrêt, selon Luisa Ortega.

L'opposante a ajouté qu'elle livrerait les informations dont elle dispose «aux autorités de différents pays, Etats-Unis, Colombie, Espagne», «mais aussi Brésil», «pour qu'ils mènent leurs propres enquêtes».

Soutien de la région

A Caracas, le successeur de Luisa Ortega, Tarek William Saab, a balayé ses accusations lors d'une conférence de presse. «Tout ce que peut dire une ex-procureure générale qui en près de dix ans n'a lancé aucune action contre aucun des personnages dont elle parle maintenant (...) n'a aucune validité», a déclaré le procureur général. «Cela n'a pas de valeur légale», a-t-il insisté, qualifiant ces accusations de «propagande pour diffamer».

Diosdado Cabello a démenti personnellement les accusations portées contre lui par Luisa Ortega. «Ce sont des mensonges, ce sont des inventions», a-t-il déclaré lors de son émission télévisée hebdomadaire. «Je l'ai déjà dit un million de fois: si vous avez quelque chose contre moi, faites une enquête».

Le procureur général du Brésil a indiqué qu'il avait personnellement invité à la réunion de Brasilia Luisa Ortega, qui y a reçu le soutien inconditionnel de ses pairs. «Nous te reconnaissons comme la procureure générale du Venezuela. Tu peux compter sur le soutien de tous les parquets de la région», a déclaré le procureur paraguayen Javier Díaz Verón.

Mandat d'arrêt international

Le président Maduro a annoncé mardi que Caracas allait lancer, via Interpol, un mandat d'arrêt international contre Luisa Ortega et son mari German Ferrer, député chaviste passé à l'opposition.

Luisa Ortega, qui n'a cessé de dénoncer la radicalisation du gouvernement vénézuélien ces derniers mois, a déclaré qu'elle resterait «quelques jours» au Brésil avant de retourner en Colombie. «Je continuerai de lutter et de parcourir le monde pour dénoncer ce qui se passe au Venezuela et les violations des droits de l'Homme», a-t-elle dit alors que le président Maduro est très isolé sur la scène internationale.

Onze pays d'Amérique latine et le Canada ont récemment condamné la «rupture démocratique» au Venezuela, se joignant aux critiques de Washington, de l'ONU et de l'Union européenne. Le ministre brésilien des Affaires étrangères Aloysio Nunes a d'ailleurs reçu Luisa Ortega mercredi.

Le vice-président américain Mike Pence a une nouvelle fois exprimé mercredi l'inquiétude des Etats-Unis devant la crise vénézuélienne et les conséquences possibles au niveau régional d'un «effondrement» du Venezuela. «Nous ne pouvons pas laisser cela arriver et nous ne le laisserons pas arriver», a lancé Mike Pence lors d'un discours devant des membres de la communauté vénézuélienne de Miami. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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