Egypte - Procès Moubarak: L'ex-Raïs aurait fait tuer des manifestants
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Egypte - Procès MoubarakL'ex-Raïs aurait fait tuer des manifestants

Le procureur égyptien Moustafa Souleimane a estimé avoir des preuves solides de l'implication de l'ancien dirigeant dans le meurtre de manifestants lors des révoltes de début 2011.

Le procureur, cité par l'agence officielle égyptienne Mena, pourrait présenter son réquisitoire jeudi. Selon des journaux égyptiens, il ne serait pas étonnant qu'il demande la peine de mort, la peine maximale prévue par la loi, contre l'ex-président.

«L'accusation a confirmé que Moubarak, Adli (ancien ministre de l'Intérieur) et six hauts responsables de la sécurité avaient aidé et incité à tirer» contre la foule qui manifestait contre l'ancien dictateur, renversé en février, a-t-il déclaré, cité par Mena.

M. Souleimane a dans le même temps accusé les nouvelles autorités égyptiennes d'avoir «délibérément refusé de coopérer avec l'accusation» pour déterminer la responsabilité de l'ancien raïs.

Mardi, ce même procurer avait décrit M. Moubarak, qui a régné sur l'Egypte pendant trois décennies, comme «un dirigeant tyrannique qui a cherché à céder le pouvoir à son fils cadet Gamal». Il «a répandu la corruption, ouvert la porte à ses amis et ses proches, et a ruiné le pays sans rendre de comptes», a-t-il insisté devant la cour.

Le raïs déchu est jugé dans le cadre des poursuites après la répression du soulèvement contre son régime début 2011, qui a fait officiellement quelque 850 morts.

Les Frères musulmans ne veulent pas monopoliser la Constitution

Les Frères musulmans égyptiens ont assuré mercredi qu'ils ne profiteraient pas de leur succès aux élections législatives pour imposer leur volonté dans la nouvelle Constitution. Ils ont promis de travailler à sa rédaction en collaboration avec l'ensemble des autres formations politiques.

«Le fait que le parti remportera la majorité au nouveau parlement ne signifie pas qu'il va rédiger seul la Constitution, sans prendre en compte les droits des autres Egyptiens», a déclaré Mohamed Moursi, le dirigeant du Parti Liberté et justice, émanation de la mouvance des Frères musulmans.

«De même, il n'ignorera pas les forces politiques qui n'ont pas obtenu la majorité ou ont été battues aux législatives», a-t-il dit. «Toutes les forces politiques et les intellectuels d'Egypte, quel que soit leur engagement politique et religieux, participeront à la rédaction de la Constitution», a-t-il assuré.

Les jeux semblent faits

Les Egyptiens ont voté mercredi pour la deuxième journée de la troisième et dernière phase des élections à la chambre basse du parlement. La participation semblait moins forte que lors des deux premières phases, de nombreux électeurs ayant le sentiment, selon des responsables électoraux, que l'issue du scrutin était connue.

Un responsable du Bloc égyptien a dit s'attendre à ce que cette coalition d'inspiration libérale remporte 15% des voix lors de cette phase, soit un résultat légèrement supérieur à ceux obtenus aux deux premiers tours.

Le second tour de cette troisième phase aura lieu mardi et mercredi prochains, et les résultats devraient être connus le 13 janvier. L'élection à la chambre haute se tiendra à cheval sur janvier et février. Une fois le processus électoral terminé, le nouveau parlement désignera une assemblée constituante composée de 100 membres.

Crainte des islamistes

Le parti des Frères musulmans est la force politique la mieux organisée d'Egypte et elle émerge plus puissante que toutes les autres de 30 ans de règne autocratique du président Hosni Moubarak, qui a cédé le pouvoir en février.

Le parti Nour, salafiste, est arrivé en deuxième position du vote jusqu'à présent. Cette formation prône une interprétation plus stricte du droit coranique et son succès augure d'un parlement dominé par les islamistes.

Certains analystes pensent cependant que les Frères musulmans pourraient chercher à bâtir une coalition avec des partis laïques. Une telle perspective contribuerait à apaiser les inquiétudes, en Egypte comme en Occident, face à la montée des islamistes dans un pays dont l'économie dépend fortement du secteur du tourisme.

(ats)

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