Actualisé 03.02.2017 à 11:47

Canton de BerneL'examen de grammaire française passe à la trappe

A Berne, la méthode d'enseignement du français met l'accent sur l'oral au détriment de la grammaire. Impossible dans ces conditions de passer un examen d'entrée.

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smk/nxp
Les gymnasiens ont protesté contre les mesures d'économie en 2015.

Les gymnasiens ont protesté contre les mesures d'économie en 2015.

Keystone

Le Canton de Berne s'intéresse en 2017 au niveau de français de ses écoliers. Et pour cause, car c'est la première volée avec étude du français dès la troisième année qui sera confrontée à l'examen d'entrée au gymnase, rappelle la Berner Zeitung dans son édition du 3 février.

Mais un problème est vite survenu. La méthode actuelle met surtout l'accent sur l'oral et quasiment plus sur la grammaire. A tel point que les élèves ne comprennent pas la structure de la langue, déplorent des experts.

L'épreuve est biffée des examens

Les parents se sont également inquiétés des lacunes de leur progéniture pour l'examen d'entrée au gymnase, qui aura lieu en mars. Et le département de l'instruction a dû en convenir: il a rayé l'épreuve de grammaire des examens.

«Nous ne pouvons pas évaluer ce qui n'a pas été enseigné», a résumé Mario Battaglia, directeur de l'Office de l'enseignement secondaire du 2e degré et de la formation professionnelle.

La décision ne rassure pas les parents pour autant, car si leurs enfants réussissent l'examen d'entrée, leurs lacunes en français resteront criantes. La tâche incombera donc aux professeurs du secondaire de redresser le tir et d'enseigner à construire des phrases ou à utiliser correctement la conjugaison d'un verbe.

Moins de français au gymnase

Un constat qui ne fait pas forcément plaisir aux principaux intéressés face à cette première génération. «Il règne une forme de confiance sceptique, tiraillée entre appréhension et curiosité», a déclaré Roger Hiltbrunner, président de l'enseignement cantonal du français.

Mais les exigences restent les mêmes. A la fin de leur parcours de secondaires, les élèves doivent avoir atteint un niveau B2/C1, soit assez avancé pour des études supérieures. «C'est ce qu'ont très clairement exprimé les écoles pédagogiques et les universités», a ajouté Hiltbrunner.

Petit problème: l'enseignement du français au gymnase va perdre une demi-leçon par semaine dès l'année scolaire 2017/2018. Et autre mesure d'économies, la taille des classes va croître. «Les conditions ne sont vraiment pas idéales. Nous devrons donc atteindre le même niveau que précédemment avec moins de leçons et un nouvel enseignement.» Les premiers résultats seront connus d'ici deux ans.

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