Actualisé 02.03.2020 à 19:00

Inde

L'exécution de quatre violeurs encore repoussée

Pour la troisième fois, la pendaison de quatre homme accusés de viol collectif dans un bus de Delhi a été reportée.

Le viol collectif de Delhi du 16 décembre 2012 avait braqué une lumière crue sur le lourd silence autour des violences sexuelles en Inde.

Le viol collectif de Delhi du 16 décembre 2012 avait braqué une lumière crue sur le lourd silence autour des violences sexuelles en Inde.

AFP

La justice indienne a lundi une nouvelle fois reporté l'exécution imminente de quatre hommes condamnés à mort pour le viol collectif d'une étudiante dans un bus de Delhi, qui avait choqué le monde en 2012.

La pendaison de Mukesh Singh, Vinay Sharma, Pawan Gupta et Akshay Thakur devait se tenir mardi vers 06h locales (1h30 heure suisse) dans la prison de Tihar de la capitale indienne.

À la dernière minute, un juge de Delhi a repoussé l'exécution car la demande de grâce présidentielle d'un des condamnés, déposée à peine quelques heures avant, n'a pas encore été rejetée. Aucune nouvelle date n'a été annoncée.

Troisième report

C'est le troisième fois que cette exécution, initialement prévue le 22 janvier, est ajournée au motif que les détenus conservent des options judiciaires.

«Nous nous y attendions, j'ai bon espoir que la prochaine date soit la bonne», a déclaré à la presse Badrinath Singh, le père de la victime.

Les quatre détenus, qui doivent être pendus ensemble, se relaient depuis des semaines pour déposer à tour de rôle des recours tardifs et ainsi gagner du temps. Irritée, la justice leur avait fixé début février un ultimatum d'une semaine pour épuiser tous leurs recours, en vain.

Silence autour des violences

Le viol collectif de Delhi du 16 décembre 2012, dont la victime de 23 ans avait succombé à ses blessures, avait braqué une lumière crue sur le lourd silence autour des violences sexuelles en Inde, les carences de son système judiciaire en matière de lutte contre les viols et, au-delà, le traitement des femmes dans la société indienne.

L'affaire avait provoqué une onde de choc dans l'opinion publique et entraîné de gigantesques manifestations dans le pays. À la suite du drame, les autorités avaient durci la législation contre les violences sexuelles et prévu des procédures judiciaires accélérées.

Des six suspects arrêtés par les forces de l'ordre, le meneur présumé est mort en détention, officiellement d'un suicide. Un autre, encore mineur à l'époque, a bénéficié d'une peine réduite en raison de son âge et a été libéré au bout de trois ans.

L'Inde applique rarement la peine de mort, préférant commuer les peines capitales en prison à vie, et ne procède aux exécutions que dans de rares cas emblématiques. La dernière pendaison en date dans le pays remonte à 2015. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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