Actualisé 19.10.2017 à 16:32

Birmanie - BangladeshL'exode désespéré des Rohingyas vu du ciel

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a diffusé des images de l'exode des Rohingyas à la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh.

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cga/afp

La Birmanie a échoué à protéger la communauté musulmane des Rohingyas comme elle en avait le devoir au regard du droit international, ont affirmé mercredi deux hauts responsables de l'ONU en réclamant des enquêtes sur de possibles génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

«En dépit des mises en garde faites par nous et par d'autres nombreux responsables, le gouvernement birman a échoué à assumer ses obligations selon le droit international et à exercer sa première responsabilité de protéger la population Rohingya contre des atrocités», affirment dans un communiqué Adama Dieng, responsable de la Prévention des génocides et Ivan Simonovic, conseiller spécial sur la Responsabilité de protéger.

Par le terme «d'atrocités», précise leur communiqué conjoint, les deux responsables se référent aux trois crimes sanctionnés par le droit international: le génocide, les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre. «De la même manière, la communauté internationale a échoué dans ses responsabilités» sur le même sujet, précisent MM. Dieng et Simonovic.

Dans les camps rohingyas du Bangladesh

Le Bangladesh, qui a accueilli un demi-million de réfugiés rohingyas de Birmanie, redoute de devenir la base arrière d'une guérilla combattant les forces birmanes. Les autorités assurent qu'aucun insurgé n'est passé dans les camps de réfugiés, mais l'AFP y a rencontré plusieurs personnes se présentant comme des membres de l'Armée du Salut des Rohingyas de l'Arakan (ARSA), l'organisation derrière les attaques contre des postes de police birmans le 25 août qui ont enclenché un nouveau cycle de violences.

Arrêter les atrocités

Les deux responsables «appellent le gouvernement birman à prendre des mesures immédiates pour arrêter les atrocités présumées avoir été commises dans l'Etat Rakhine», dans l'ouest de la Birmanie, précise leur communiqué. Ils lui demandent «de permettre une mission d'enquête internationale et indépendante du Conseil des droits de l'Homme dans l'Etat Rakhine afin de vérifier les faits», selon la même source.

582'000 Rohingyas au Bangladesh depuis août

L'ONG Amnesty International appelle mercredi la communauté internationale à agir contre la persécution des Rohingyas.

«Une fois encore, notre échec à arrêter ces atrocités fait de nous des complices. Quand pourrons-nous vivre avec notre promesse du plus jamais ?», demandent aussi MM. Dieng et Simonovic, en réclamant que les auteurs des crimes soient traduits en justice «quel que soit leur statut».

Selon l'ONU, plus de 580'000 musulmans rohingyas ont fui la Birmanie depuis le 25 août, pour se réfugier au Bangladesh voisin. La crise a débuté quand des rebelles rohingyas, dénonçant les mauvais traitements subis par leur minorité en Birmanie, ont attaqué des postes de police, entraînant une répression sévère de l'armée. Cette semaine, le HCR a diffusé des images filmées par un drone qui a survolé l'exode de dizaines de milliers de Rohingyas. Les réfugiés se trouvent sur les berges du fleuve Naf, frontière naturelle entre la Birmanie et le Bangladesh.

Depuis le début de la crise, l'ONU réclame en vain l'arrêt des combats, des accès pour l'aide humanitaire dans l'ouest de la Birmanie et le retour des réfugiés dans leurs zones d'origine.

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