Suisse: L'extension des horaires des commerces divise
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SuisseL'extension des horaires des commerces divise

Les magasins devraient pouvoir rester ouverts en semaine au moins jusqu'à 20 heures. Le Conseil fédéral a mis mercredi en consultation jusqu'au 30 mai une nouvelle loi. Les syndicats ont déjà annoncé un référendum.

Les réactions ne se sont pas faites attendre suite à l'annonce de la mise en consultation par le Conseil fédéral du projet de loi sur la libéralisation des horaires d'ouverture des magasins. Les cantons s'opposent à cette harmonisation, et les syndicats se montrent les plus critiques. Les grandes surfaces, elles, approuvent.

«La question doit être réglée au niveau des cantons et par les partenaires sociaux, dans le cadre de la loi sur le travail», a estimé mercredi Christoph Niederberger, secrétaire général de la Conférence des chefs des Départements cantonaux de l'économie publique (CDEP).

La CDEP a participé aux travaux préparatoires sur la loi et s'est opposée à une harmonisation fédérale. «Les cantons qui n'ont pas de loi réglant le commerce de détail seront confrontés à des difficultés lors de la mise en oeuvre des nouvelles directives», a encore expliqué M. Niederberger. La question de la définition même du commerce de détail va se poser pour ces cantons.

«La balle dans le camp des cantons»

Critiques également chez les syndicats: la loi mise en consultation est un «scandale d'un point de vue fédéraliste», a réagi mercredi l'Union syndicale suisse (USS) par la voix de son secrétaire central Luca Cirigliano.

Les cantons, notamment romands, qui ont décidé démocratiquement d'encadrer strictement les horaires d'ouverture des magasins, seraient ainsi contraints de contourner la volonté populaire, a-t-il ajouté. «La CDEP doit s'engager lors de la mise en consultation, la balle est dans leur camp ", estime le secrétaire central.

Le Conseil fédéral a en effet repris la motion Lombardi quasiment telle quelle. Les améliorations proposées en vue d'inscrire dans la loi la protection des travailleurs n'ont pas été prises en compte, explique encore M. Cirigliano. L'organisation faîtière des syndicats ne s'attend en tout cas pas à ce que la loi soit acceptée en l'état au parlement.

Faciliter les achats

Autre son de cloche évidemment du côté de la Communauté d'intérêt du commerce de détail suisse (CI CDS), qui se réjouit de la proposition de loi du Conseil fédéral.

La nouvelle loi réduirait les désavantages concurrentiels du commerce de détail traditionnel entre les cantons d'une part, et face aux formats particuliers tels que les gares et les magasins de stations-service d'autre part, a estimé mercredi l'organisation, qui représente les intérêts des grandes surfaces.

La CI CDS voit également la nouvelle loi comme un moyen de lutter contre les achats effectués par les Suisses à l'étranger. Au vu des règles restrictives dans certains cantons, les consommateurs sont de plus en plus nombreux à faire leurs courses juste derrière la frontière, a-t-elle ajouté.

L'Union suisse des arts et métier (usam) partage cet enthousiasme: l'amélioration des conditions d'achat permettra notamment une meilleure conciliation des vies familiale et professionnelle. La faîtière des PME exhorte le Parlement à mettre rapidement sous toit cette nouvelle réglementation, d'autant qu'elle n'exige pas de changement du droit du travail.

La Fédération suisse de Tourisme (FST) accueille elle aussi le projet avec satisfaction, car il permettra de faciliter les achats pour les touristes. Les conditions de travail des collaborateurs concernés doivent cependant être ajustées, a estimé Barbara Gisin, directrice de la FST. (ats)

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