«L'odyssée de Pi»: L'extraordinaire destin de Pi, le naufragé indien
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«L'odyssée de Pi»L'extraordinaire destin de Pi, le naufragé indien

Avec «L'odyssée de Pi», le Taïwanais Ang Lee raconte en 3D un périple d'une beauté qui laisse pantois d'admiration, au point de faire oublier ses imperfections.

par
Catherine Magnin

Avec pareil nom, Piscine Patel ne pouvait que se sentir à l'aise sur l'eau. Mais de là imaginer survivre à un naufrage de plus de 200 jours! Elevé au milieu des animaux d'un zoo de Pondichery, en Inde, curieux de toutes les religions qui l'entourent, Pi est contraint d'émigrer avec ses parents vers le Canada. Leur navire coule et l'ado se retrouve sur un canot avec un zèbre, un singe, une hyène et un tigre. C'est avec ce dernier qu'il devra finalement cohabiter pour survivre. A force de bon sens, de folie, de courage et de prières, il y parviendra.

Huis clos à ciel ouvert

Il fallait le faire: raconter le face à face entre un ado et un tigre de synthèse, avec pour décor des mers d'huile, des tempêtes dantesques, des couchers de soleil de carte postale et des fantasmagories ahurissantes. Faire rebondir l'action avec pour tout ressort un crayon, un manuel de survie, quelques bout de bois et la peur de perdre la raison. Le résultat, tant qu'il colle au périple d'un personnage héritier de Noé et de Robinson Crusoé, est tout simplement fabuleux.

Pi en dit un peu trop

Le seul bémol apparaît quand Pi remet les pieds sur terre. Les sauveteurs ne croyant pas un traître mot de son récit, il en raconte alors une autre version. Et l'écrivain à qui Pi vient de narrer son périple ne peut alors s'empêcher de donner son interprétation, privant le spectateur du loisir d'échafauder lui-même la sienne pour s'approprier, à sa façon, ce voyage extraordinaire.

«L’Odyssée de Pi»

De ang Lee. Avec Suraj Sharma, Irrfan Khan.

Sortie le 19 décembre 2012

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Trois questions à Ang Lee

– Le roman de Yann Martel était réputé inadaptable à l’écran. Pourquoi avez-vous relevé le défi?

– En m’offrant un gros budget, la Fox m’a tendu la perche. Je me suis dit que si je tournais en 3D, le public serait plus indulgent envers un film sans stars et qui se passe sur l’eau.

– Qu’est-ce qui vous a touché dans cette histoire?

– Elle célèbre le pouvoir de l’imagination et des contes. Dans le livre, le tigre est probablement une représentation du pouvoir de Dieu. Pour moi, il reflète plutôt l’innocence perdue de Pi, la bête en lui qu’il doit amadouer pour pouvoir grandir.

– Pourquoi tournez-vous des films de genres si divers?

– C’est ma façon de comprendre le monde et de me comprendre.

–Propos recueillis par Gabriel Lecomte

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