L'extrême-droite progresse encore en Belgique
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L'extrême-droite progresse encore en Belgique

Le Vlaams Belang s'installe en force dans le paysage politique flamand.

Le parti d'extrême-droite a amélioré ses positions dimanche dans la quasi-totalité des villes de Flandre, mais a perdu sa première place dans son bastion d'Anvers, à l'occasion d'élections municipales marquées par de lourdes pertes pour la coalition libérale-socialiste au pouvoir en Belgique.

En effet, le Parti libéral flamand (VLD) et le Parti socialiste, les deux principales composantes de la coalition gouvernementale, enregistrent des reculs importants, le premier en Flandre au bénéfice de l'extrême droite, le second en Wallonie et à Bruxelles au profit de l'opposition chrétienne-démocrate, selon des résultats encore partiels.

Le chef du Vlaams Belang (Intérêt flamand) n'a pas tardé à crier victoire. «Nous sommes vraiment loin devant. Nous avons gagné de façon spectaculaire. Nous sommes les vainqueurs de cette élection», a lancé Frank Vanhecke, président du VB. «Il n'est pas possible d'ignorer cette victoire. C'est un raz-de-marée électoral.»

Le Vlaams Belang s'est ainsi imposé comme le premier parti dans sept municipalités flamandes. Sur l'ensemble de la Région flamande, il progresse de 7,6 points pour atteindre 20,8% des voix, renforçant ses positions bien au-delà du port d'Anvers, deuxième ville de Belgique et bastion historique de l'extrême droite flamande.

Paradoxalement, le Vlaams Belang est resté quasiment stable dans la ville-même d'Anvers à 33,5% des voix (plus 0,5 point par rapport aux précédentes élections de 2000), alors que la liste socialiste du maire sortant Patrick Janssens a fait un bond de près de 16 points à 35,3% (contre 19,5% en 2000), devançant ainsi l'extrême droite. Sur les 55 sièges du conseil municipal, les socialistes en recueillent 22 et le Vlaams 20.

Lors des précédentes municipales de 2000, le parti d'extrême droite était arrivé en tête à Anvers avec un tiers des voix, mais il avait été écarté du pouvoir par un «cordon sanitaire», coalition disparate de partis opposés à cette formation xénophobe et séparatiste.

Filip Dewinter, chef du Vlaams à Anvers, a reconnu que les résultats de son parti étaient décevants dans la ville, mais les a attribués au vote des immigrés. «Nous n'avons pas fait aussi bien (que nous l'espérions)» à Anvers, parce que «les immigrés ont eu le droit de vote, cela a eu une influence», a-t-il estimé.

Inversement, le maire sortant a voulu voir le signe d'un possible futur retournement de tendance. «Cela montre qu'il est possible de stopper le Vlaams Belang avec un projet positif. Il est possible d'inverser la tendance parce que tout est parti d'Anvers», a souligné M. Janssens.

Au plan national, ce scrutin marque un revers majeur pour le Premier ministre Guy Verhofstadt, à moins d'un an des élections législatives prévues au printemps prochain. D'après les sondages sortie des urnes et les résultats des premiers dépouillements, le VLD de Guy Verhofstadt a en effet chuté dans de nombreuses villes de la Flandre.

En Wallonie, où le Vlaams Belang ne présentait pas de listes, le Parti socialiste, éclaboussé par des scandales de corruption, a perdu des sièges à Namur, capitale de la région francophone, à Charleroi, pourtant fief socialiste traditionnel de cette région industrielle, et à Liège, grande ville du sud de la Belgique, d'après les résultats préliminaires.

Les socialistes étaient également en recul dans les 19 conseils municipaux de la région-capitale de Bruxelles, mais gardaient le contrôle de la ville elle-même. Ce sont les chrétiens-démocrates du CD&V qui étaient les principaux bénéficiaires des pertes socialistes en Wallonie et à Bruxelles.

Les législatives, qui devraient avoir lieu en mai ou juin 2007, s'annoncent donc mal pour la fragile coalition gouvernementale menée par le Premier ministre Guy Verhofstadt qui espère décrocher un troisième mandat.

Quelque 7,7 millions de Belges étaient appelés aux urnes dimanche pour renouveler les conseils municipaux de 308 communes flamandes, 262 wallonnes et 19 bilingues. (ap)

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