Actualisé 27.01.2011 à 17:33

Explosion à Davos

L'extrême-gauche revendique l'attaque

Des activistes d'extrême-gauche opposés au WEF ont revendiqué «l'attentat» survenu jeudi matin dans un hôtel de luxe à Davos (GR) sans faire de blessé.

Des activistes d'extrême-gauche opposés au WEF ont fait exploser des engins pyrotechniques jeudi matin dans un hôtel de Davos. Ils pensaient que des conseillers fédéraux y séjournaient. L'»attentat» qui n'a fait aucun blessé a été revendiqué.

La déflagration s'est produite peu après 09h00, alors que la police était déjà en train de fouiller «discrètement» les lieux. Les forces de l'ordre avaient en effet été alertées vers 07h30 par la rédaction du quotidien gratuit «20 Minuten», qui avait reçu un message de revendication.

L'explosion a légèrement endommagé une pièce située au sous-sol de l'établissement, destinée au stockage de marchandises. Elle a entraîné un dégagement de fumée et des vitres ont volé en éclats, selon la police grisonne.

Dans leur message écrit, en possession de l'ATS, les activistes ont déclaré avoir déposé et déclenché deux engins pyrotechniques dans l'hôtel. Le détonateur à retardement aurait été réglé pour 06h00 «afin de ne pas mettre en danger les employés de l'hôtel». L'explosion ne s'est pourtant produite que peu après 09h00, lorsque le personnel était à l'oeuvre.

«Nous avons attaqué les hôtels Morosani (...). Les conseillers fédéraux et les représentants de l'UBS y séjournent», ont prétendu les activistes qui restent anonymes. Voisins, les deux hôtels Morosani sont le «Posthotel», attaqué à l'explosif, et le «Schweizerhof».

Chauffage aussi visé

Les activistes ont en outre affirmé avoir saboté le chauffage de l'hôtel en versant du sucre dans la citerne à mazout, «afin que le vent froid des montagnes souffle tôt ou tard dans les oreilles des conseillers fédéraux».

En réalité, les ministres suisses ne séjournent pas au «Posthotel», comme ce fut le cas lors de précédentes éditions du Forum économique mondial (WEF), a indiqué Thomas Abegglen, de la Chancellerie fédérale. «La sécurité des conseillers fédéraux n'a été menacée à aucun moment», a-t-il précisé.

Bruit sourd

Après la revendication de l'attaque, le «Posthotel» a été fouillé deux fois, a affirmé un porte-parole du WEF à l'agence Reuters. La situation était redevenue calme en début d'après-midi dans l'établissement. Le bâtiment était toutefois surveillé par des policiers en civil, a constaté sur place un correspondant de l'ATS.

Les réunions du WEF prévues dans l'hôtel ont pu avoir lieu normalement. Aucun problème de chauffage n'a en outre été constaté, selon les réceptionnistes. Au moment de l'explosion, les employés n'ont entendu qu'un bruit sourd et ressenti une légère secousse. Les hôtels Morosani n'ont toutefois pas été évacués, a précisé à l'ATS un porte-parole de la police grisonne.

Après St-Gall

Le local qui contenait les explosifs est également accessible par l'extérieur. Il est toutefois censé être verrouillé durant le WEF. La police grisonne a refusé d'indiquer comment des inconnus ont pu déposer des explosifs dans un hôtel de luxe pourtant surveillé. Le Ministère public de la Confédération a ouvert une enquête.

Les auteurs présumés de l'attaque sont apparemment les mêmes que ceux qui ont voulu commettre un «attentat» contre l'Université de St- Gall, dans la nuit de mardi à mercredi. Ces derniers avaient, par erreur, déposé leurs prétendus explosifs devant le siège voisin de l'assurance Helvetia. Le bâtiment avait dû être évacué.

(ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!