Actualisé 24.02.2009 à 21:58

étude

«L'extrémisme de droite est une culture de niche»

Un vaste projet de recherche révèle que 4% de la population serait d'extrême droite.

«Longtemps on a cru que les jeunes de l'extrême droite étaient désorientés et fragilisés économiquement. C'est faux. L'extrême droite séduit tout autant dans les classes privilégiées», explique le chercheur Damir Skenderovic, professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Fribourg.

Une étude lancée en 2003 par le Fonds national de recherche scientifique révèle que l'extrémisme de droite en Suisse est d'abord l'affaire des jeunes adultes. Ceux-ci, en quête d'identité, virent à droite pour se démarquer de leur milieu d'origine. C'est aussi une forme de culture: «Les jeunes sont séduits notamment par les rencontres culturelles et les concerts organisés par les mouvements d'extrême droite», souligne le chercheur fribourgeois. Il invoque le rôle des nouveaux médias, comme internet, dans l'accessibilité à cette «culture de niche».

L'extrémisme de droite concernerait globalement 4% de la population, contre 2% pour l'extrême gauche. Ce qui place la Suisse dans la moyenne européenne. L'étude, présentée mardi à Berne sous la forme d'un livre en anglais, note que le populisme de droite a une longue tradition dans notre pays. Entre-temps l'UDC a évincé les petits partis d'extrême droite, comme l'Action nationale des années 1960 ou le Parti des automobilistes des années 1980. Les chercheurs mettent aussi en cause les médias qui privilégient le spectaculaire et exagèrent la thématique de l'extrême droite tout en la traitant de façon moralisatrice.

A l'origine de cette étude commandée par le Conseil fédéral, l'augmentation des délits liés à la mouvance extrémiste observée depuis 1990.

(ats/gna/phf)

Un Suisse sur deux a peur de l’étranger

L’étude met en lumière la peur de l’étranger et l’antisémitisme dans notre pays. Ainsi près de 20% des citoyens présentent des attitudes antisémites, et

50% des Suisses ont peur de l’étranger. Près d’un tiers de la population se méfie de l’islam, et 40% auraient des attitudes sexistes. La Suisse peine à mener un débat de fond sur cette problématique, qui est «soit ignorée, soit exagérée», estime Marcel Niggli, le président du programme de recherche. Quant aux mesures de prévention, elles restent trop souvent sporadiques et spontanées. Il y a également lieu de déterminer si la prévention doit tendre à éviter les incidents et les violences liés à l’extrémisme, ou à empêcher les gens d’adhérer à de telles idéologies.

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