Crash en France: «L'hélicoptère est tombé comme une pierre»
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Crash en France«L'hélicoptère est tombé comme une pierre»

Cinq morts et deux blessés graves. C'est le lourd bilan du crash d'un hélicoptère qui s'est produit jeudi près de Montbéliard. Il transportait une partie du comité directeur de la Fédération vaudoise des entrepreneurs.

Un hélicoptère parti de Lausanne avec sept personnes de nationalité suisse à bord s'est écrasé jeudi matin à Bart, près de Montbéliard, dans le Doubs (F). Les passagers faisaient tous partie de la Fédération vaudoise des entrepreneurs (FVE).

Selon «L'Est Républicain», le président de la FVE, âgé de 55 ans, aurait trouvé la mort dans l'accident, ainsi qu'un des vice-présidents, un membre du comité directeur et l'assistante de direction de la FVE. Le pilote aurait aussi succombé.

La prudence reste néanmoins à ce stade de l'enquête. En effet, les secouristes ont indiqué qu'il leur semblait qu'un des deux survivants serait le pilote de l'hélicoptère. Les enquêteurs «supposent» toutefois que le pilote est mort dans l'accident, car une licence de vol a été retrouvée sur l'une des victimes.

L'accident a également fait deux blessés graves, deux hommes âgés de 45 et 56 ans, dont le pronostic vital est engagé. Un des deux est hospitalisé à Besançon (F) et l'autre a été transféré à Bâle. Il s'agirait, toujours selon «L'Est Républicain» du directeur de la FVE et d'un autre membre du comité directeur.

Le comité directeur décimé

Dans un communiqué de presse, la FVE fait part de ses «profondes pensées avec les familles des victimes de cet accident». Le comité directeur a été décimé: seuls deux membres ne faisaient pas partie de la délégation qui se rendait en France. Quatre des victimes sont également des chefs d'entreprises, relève la FVE. Les passagers étaient attendus par la Fédération du bâtiment et des travaux publics du Doubs, pour assister à son assemblée, après avoir visité les usines Peugeot de Sochaux.

«Comme s'il avait coupé les gaz»

L'hélicoptère a décollé jeudi à 8h49 de Lausanne. Il a passé la frontière à 9h13 et s'est crashé à 9h30, non loin de sa destination, à savoir l'aérodrome de Courcelles-lès-Montbeliard. L'alerte a été donnée par le propriétaire de la maison où l'accident s'est produit.

«Je déjeunais tranquillement quand j'ai entendu un hélicoptère qui arrivait, et tout d'un coup il y a eu un bruit, un sifflement comme s'il avait coupé les gaz», a-t-il expliqué aux «Dernières Nouvelles d'Alsace». «Il s'est crashé dans un poulailler, où je stocke mon bois. Et une pale de l'hélicoptère est allée s'écraser contre une petite dépendance qui est séparée de la maison par une véranda. Il y avait au moins deux personnes qui criaient: «Au secours, à l'aide, aidez-moi!» Elles étaient coincées par l'appareil. Tout ce que j'ai pu faire, c'est leur répéter que les secours allaient arriver...»

«Tombé comme une pierre»

D'après des témoins, «l'hélicoptère est tombé comme une pierre», a rapporté le maire de Bart, Pierre Schlatter. L'appareil «a commencé à tournoyer comme une toupie, comme s'il avait un problème au moteur», a raconté un autre témoin. L'hélicoptère «pétaradait et perdait de l'altitude en essayant de rejoindre le terrain d'aviation».

Le parquet a toutefois souligné que les cinq témoins recensés de l'accident avaient rapporté des versions contradictoires.

Bancs de brouillard

Selon le vice-procureur de Montbéliard, Lionel Pascal, «la couverture nuageuse était importante (ndlr: lors du drame), avec de nombreux bancs de brouillards. Le pilote a indiqué à la tour qu'il cherchait une trouée dans la brume pour tenter d'atterrir. L'approche de l'hélicoptère a été longue, il y a eu des arbres hachés par le rotor avant le crash.»

Le plan Sater (sauvetage aéro-terrestre) a été déclenché et près de 60 pompiers ont été engagés pour porter secours aux survivants, dont l'un a dû être désincarcéré. Une zone d'environ 10 m2 a été polluée par environ 500 litres de kérosène.

Experts suisses sur place

Une enquête a été ouverte et quinze gendarmes français ont investi le site de l'accident. Un inspecteur de la police scientifique vaudoise s'est aussi rendu sur place, accompagné de collègues de la police judiciaire fédérale, a indiqué la police vaudoise.

Pendant 48 heures, la zone du crash sera interdite de survol, pour les besoins de l'enquête. Jeudi, de nombreux experts étaient attendus sur les lieux. Selon un accord entre les deux pays, les Français sont compétents dans cette enquête mais la Suisse y est toutefois associée. Enquêteur dans le domaine de l'aviation au Service d'enquête suisse sur les accidents, Michael Flückiger a indiqué qu'il avait déjà eu des contacts avec ses collègues français.

L'appareil n'a pas pris feu après le crash, «donc nous devrions pouvoir trouver tous les éléments nécessaires à l'enquête, ainsi que des enregistreurs des vols, s'il y en avait», a commenté le vice-procureur de Montbéliard.

(20 minutes/ats/afp)

Précédent en 2012

En août 2012, un avion de type PC-12 qui avait décollé d'Anvers en Belgique et se dirigeait vers la Suisse, s'était écrasé à proximité de la commune de Solemont, à une vingtaine de km de Bart, tuant quatre Suisses.

Le gouvernement présente ses condoléances

«C'est avec consternation et une immense tristesse que le Conseil d'Etat vaudois a appris l'accident d'hélicoptère survenu ce matin en France voisine, dans le département du Doubs. Le gouvernement présente, au nom des autorités cantonales, ses sincères condoléances aux familles des victimes», écrit le Conseil d'Etat vaudois sur son site.

Le syndicat Unia a également fait part de «toute sa sympathie» et de ses condoléances aux familles.

Un appareil récent et un pilote expérimenté

L'hélicoptère qui s'est écrasé jeudi matin à Bart était récent et le pilote expérimenté, a indiqué Patrick de Preux, dirigeant responsable de Heli-Lausanne. La société se dit touchée par le drame et «compatit à la douleur des familles», dans un communiqué. L'hélicoptère est un EC 130 de 2006 avec 1200 à 1300 heures de vol, a précisé à l'ats Patrick de Preux. Le pilote était expérimenté: il avait environ 500 heures de vol à son actif. Heli-Lausanne fait du transport commercial, de l'instruction et de la location. Dans le cas du vol de jeudi matin, il s'agissait d'une location d'hélicoptère et d'un pilote privé.

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