L'héroïne n'a plus la cote chez les jeunes
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L'héroïne n'a plus la cote chez les jeunes

Berne – Les chiffres de personnes dépendantes à l'héroïne baissent au profit d'autres drogues, telle que la cocaïne.

Alors que les débats sur les locaux d'injection font rage dans les grande villes suisses, force est de constater que les accros à l'héroïne sont moins nombreux. Cette drogue a surtout marqué les années 1980-1990 et l'imaginaire collectif a été imprégné essentiellement par les scènes ouvertes, telles que le Spitzplatz ou le Leten à Zurich. Ainsi, les ravages de la «blanche» ont marqué les esprits. Et l'image qui colle au «junky» est celle d'une personne invalide. Pas de quoi faire envie. «De manière générale, il y a une stabilisation du nombre de personnes dépendantes à l'héroïne, mais au profit de la cocaïne. La cohorte vieillit, les jeunes ne sont généralement pas dépendants de l'héroïne», selon Geneviève Ziegler, adjointe aux questions de toxicomanie à Lausanne. Si le prix de la coke a nettement baissé ces dernières années (environ 70 fr. le gramme contre 300 fr. il y dix ans) ce n'est pas ce seul facteur qui permet d'expliquer l'engouement suscité par cette drogue auprès des jeunes. «L'héroïne n'est plus à la mode, son image est trop dégradante. La cocaïne, plus tendance, est liée au milieu et au lieu dans lequel on la trouve» ajoute Geneviève Ziegler. «Il faut toutefois se garder des clichés, les toxicomanes que nous voyons dans les rues sont polydépendants. Ils consomment héroïne, cocaïne et alcool. Et les ravages dus à la cocaïne sont inquiétants, tant de par l'état de dégradation physique que psychique.»

Elisabeth Foster

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