L'histoire des Sarkozy en Hongrie marquée par un goût certain pour la politique
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L'histoire des Sarkozy en Hongrie marquée par un goût certain pour la politique

ALATTYAN - D'ici deux ans, le petit village hongrois d'Alattyan aimerait célébrer son 800e anniversaire avec Nicolas Sarkozy, donné favori de l'élection présidentielle française.

Avant de quitter le pays à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, son père, Pal, y avait passé de nombreux étés.

S'il ne reste que quelques souvenirs de la famille Sarkozy à Alattyan, son histoire démontre que le prétendant à l'Elysée est loin d'être le premier à dédier sa vie à la politique. Son grand-père et son arrière-grand-père, qui s'appelaient tous deux Gyorgy Sarkozy, ont été conseillers municipaux et maires adjoints de la ville voisine de Szolnok.

Pendant son mandat du début des années 1920 jusqu'en 1936, le grand-père s'est fait connaître pour le grand nombre de projets de développement qu'il avait encouragés, dont la construction du théâtre de la ville et son principal hôtel, le Tisza Szallo.

Selon un ouvrage publié en 1935 sur l'histoire du comté de Jasz-Nagykun-Szolnok, où figure Alattyan, à environ 85km au sud-est de Budapest, les Sarkozy ont été anoblis en 1628 par le roi Ferdinand II. L'arbre généalogique de la famille compte également des juges et vice-gouverneurs, aussi loin qu'aux XVIIIe et XIXe siècles.

«C'est une famille dans laquelle le service rendu à la collectivité s'est transmis pratiquement de père en fils à travers de nombreuses générations», observe Sandor Mosonyi, 67 ans, policier à la retraite travaillant sur l'histoire du village pour son 800e anniversaire. «Nicolas réunit le meilleur de cette tradition, d'abord comme ministre de l'Intérieur, et maintenant peut-être comme président.»

Selon le policier, une crise économique a contraint les Sarkozy à vendre leur résidence d'été à Alattyan en 1934 pour quelques sacs de blé seulement. Mais ils ont continué à y venir en vacances et à séjourner dans la maison plus grande d'un proche, Lajos Toth-Maar.

Jusztika Ivanics, 71 ans, était petite fille lorsque le père du candidat de l'UMP et ses oncles chassaient le faisan et le lapin ou jouaient aux cartes toute la nuit. Son parrain était maître d'hôtel et sa marraine, femme de ménage dans la demeure de Toth-Maar, leur donnait parfois un coup de main. «Ils étaient tous si élégants et bien élevés», se souvient la septuagénaire.

Lorsque la maison de Lajos Toth-Maar a été détruite en 1949, Jusztika Ivanics a conservé quelques souvenirs, dont une poignet de porte en bronze et une perle en verre provenant d'un chandelier. Les terres ayant appartenu à la famille Sarkozy ont été divisées par le régime communiste après la Seconde Guerre mondiale.

Alattyan se prépare doucement pour l'anniversaire de 2009. «Je suis en contact avec Pal Sarkozy et il m'a assuré qu'il participerait à ce grand événement», affirme Sandor Mosonyi. «Ce serait un immense honneur pour nous si Nicolas pouvait aussi venir.»

L'ancien ministre de l'Intérieur s'est rendu en Hongrie à plusieurs reprises, même s'il n'est jamais venu, à la connaissance des villageois, à Alattyan. En 1994, il s'était rendu avec son père dans une autre commune hongroise, Bocsa, d'où est originaire la famille. Il avait même signé le livre d'or du village de son nom complet, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa.

S'il était élu, il est peu probable que les origines du candidat aient un effet sur les relations franco-hongroises. «Sarkozy ne prêtera pas plus attention à la Hongrie qu'un autre président français», estime le commentateur politique Miklos Tallian.

Du reste, les habitants d'Alattyan ne lui tiennent pas rigueur de ne pas parler hongrois. Attaqué par Jean-Marie Le Pen sur le terrain de ses origines, Nicolas Sarkozy avait cependant revendiqué ses racines. Le président du Front national est «la preuve vivante que, même avec des grands-parents français, le résultat peut être contestable», avait-il lâché. (ap)

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