Suisse: L'historien Jean-François Bergier est décédé
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SuisseL'historien Jean-François Bergier est décédé

Jean-François Bergier est décédé jeudi à l'âge de 78 ans, a annoncé sa famille. L'historien vaudois, ancien professeur à l'EPFZ, avait présidé la Commission d'experts chargés de faire la lumière sur l'attitude de la Suisse durant la Deuxième Guerre mondiale.

Son nom restera associé au fameux «Rapport Bergier», un document de 600 pages publié en 2002 après cinq ans de recherches poussées. Revisitant une période sensible de l'histoire suisse, le document n'épargnait pas ses critiques envers les autorités helvétiques de l'époque, notamment sur la question des réfugiés juifs.

En pleine crise des fonds en déshérence, le Conseil fédéral avait choisi le professeur Bergier pour présider une commission internationale d'experts réunissant plus de 30 chercheurs. Celle-ci a rédigé 25 études et contributions totalisant quelque 11'000 pages, plus un rapport de synthèse appelé «Rapport Bergier».

Ce travail de fond avait valu à la commission des éloges, surtout à l'étranger, et beaucoup de critiques en Suisse, notamment à droite de l'échiquier politique et parmi ceux qui ont participé à la MOB. A l'époque, Jean-François Bergier avait même reçu des insultes.

Le Moyen Age et les Alpes

L'histoire contemporaine n'était pourtant pas son domaine de prédilection. C'est dans l'histoire des Alpes et l'histoire économique entre la fin du Moyen Age et l'époque moderne que l'historien vaudois, diplômé de l'école nationale des Chartes à Paris, avait acquis sa réputation, publiant de nombreux ouvrages.

Né en 1931 à Lausanne, Jean-François Bergier a enseigné l'histoire économique et l'économie sociale à l'Université de Genève, de 1963 à 1969, avant de rejoindre pendant 30 ans l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ). Il a aussi été professeur associé à la Sorbonne, pour la chaire d'histoire économique du Moyen Age.

Cet homme de la Riviera, fin connaisseur de la Suisse et de la Suisse romande, n'était pas préparé à être exposé à la tempête médiatique suscitée par son rapport. «Moi qui n'ai jamais eu d'ennemis de ma vie, j'ai dû accepter que le conflit s'engage avec certains groupes», expliquait-il alors dans des interviews.

(ats)

Rapport Bergier

Présenté en mars 2002, le rapport Bergier est le résultat de cinq ans de travaux. Il s'inscrit dans la crise des fonds en déshérence et devait répliquer au rapport Eizenstat de 1997, du nom d'un sous-secrétaire américain, qui critiquait sévèrement la Suisse. /ats

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