Actualisé 28.04.2017 à 14:23

Dérapage de Jean-Marie Le PenL'hommage célébrait plus «l'homo» que «le policier»

Le fondateur du Front national a critiqué l'hommage national rendu mardi au policier tué jeudi dans un attentat sur les Champs-Elysées la semaine dernière.

Entre les deux tours du scrutin présidentiel, c'est une boulette qui pourrait coûter cher au FN. L'ancien président du Front national a jugé vendredi que l'hommage national à Xavier Jugelé célébrait plus «l'homosexuel» que «le policier». On retrouve cette déclaration dans le journal de bord vidéo de Jean-Marie Le Pen.

Le père de la candidate frontiste, en lice pour le 2e tour de la présidentielle, s'est d'abord dit «étonné par la dimension donnée à cette cérémonie». Dans le détail, il explique «qu'on rendait plutôt hommage qu'au policier à l'homosexuel car la participation de son conjoint et le long discours qu'il a prononcé institutionnalisaient en quelque sorte le mariage homosexuel, l'exaltaient de façon publique», ce qui l'a «un peu choqué». «Je pense que cette particularité familiale doit être tenue à l'écart de ce genre de cérémonie qui gagnerait elle même à plus de discrétion», a-t-il poursuivi.

Si le fondateur du Front national concède que Xavier Jugelé «mérite certainement l'estime et l'attachement de nos compatriotes comme membre de ces forces de l'ordre chargées de nous protéger», il regrette d'avoir vu «une équivoque» dans la cérémonie. Pour rappel Xavier Jugelé est devenu à 37 ans le 239e mort de la vague d'attentats djihadistes commis en France depuis début 2015. «De nouveau, la France a perdu l'un de ses fils parmi les plus braves, la République a perdu l'un de ses gardiens les plus valeureux», avait déclaré François Hollande mardi avant d' égrener les noms des quatre autres policiers tués par des jihadistes depuis 2015.

Le discours poignant du compagnon du policier tué

Contre la dédiabolisation

Jean-Marie Le Pen a été exclu le 20 août 2015 du parti qu'il a contribué à fonder en raison de ses propos polémiques, notamment sur les chambres à gaz, «détail» de la Seconde Guerre mondiale selon lui, ou sa défense du maréchal Pétain.

Ces propos ont été jugés pénalisants pour la stratégie de «dédiabolisation» du parti voulue par sa fille Marine Le Pen, qui a pris la tête du Front national en 2011 et s'est qualifiée pour le second tour de la présidentielle.

Le député européen a néanmoins obtenu devant la justice d'en rester président d'honneur.

(20 minutes/afp)

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