Fribourg: L'homme qui a égorgé son épouse comparaît en appel
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FribourgL'homme qui a égorgé son épouse comparaît en appel

L'homme de 48 ans qui a égorgé son épouse en avril 2010 à Fribourg comparaît devant le Tribunal cantonal fribourgeois depuis ce mardi.

Le quadragénaire fait appel contre la peine de prison à vie pour assassinat et viol dont il a écopé en mai 2014. Cet homme a attaché sa compagne et lui a infligé une quinzaine de coups de couteau dans le dos et la nuque. Il l'a frappée avec un pistolet «soft-air» et lui a tiré des balles en plastique au visage. Il l'a étranglée et lui a tranché la gorge.

En première instance, le Tribunal pénal de la Sarine a jugé qu'il avait agi avec un sang froid méthodique, en pleine conscience, sans scrupule et sans circonstance atténuante. Il a exclu le meurtre passionnel.

La défense a fait appel, contestant l'assassinat et réclamant une peine «substantiellement réduite». Les plaidoiries auront lieu mercredi et le verdict tombera jeudi.

«Prise de conscience»

Mardi, le prévenu a affirmé avoir vécu «un changement radical». Lors du premier procès, il refusait de voir les photos du corps de sa victime. Depuis, il les a regardées et a eu «une grosse prise de conscience» de ce qu'il a fait.

Alors qu'il contestait partiellement les prétentions civiles de la famille de la victime, il les a finalement toutes admises. Il est «redescendu sur terre», «en face de la réalité», et a compris leur douleur.

Mais comme en première instance, il a à nouveau mis en doute les procès-verbaux figurant au dossier, estimant que ses propos avaient été plusieurs fois mal interprétés. Et après le «trou noir» dont il faisait état il y a un an, des souvenirs qui lui sont revenus l'amènent à corriger la description du déroulement des faits.

Constatant que l'amnésie du prévenu s'était dissipée, le procureur lui a demandé son point de vue actuel sur l'infidélité qu'il attribuait à l'époque à son épouse. Il l'a aussi confronté au fait qu'il l'avait traitée de «pute» dans un sms à un ami le lendemain du drame. «C'est un tabou, c'est une honte» d'évoquer aujourd'hui la vie privée de la défunte, s'est-il contenté de répondre.

Débats d'experts

La Cour de deuxième instance a aussi entendu mardi un spécialiste au sujet de l'autopsie, ainsi que les auteurs de deux expertises psychiatriques. Les conclusions de ces deux experts sont proches. La responsabilité du prévenu peut être légèrement ou très légèrement diminuée à cause de troubles de la personnalité (paranoïaque à traits narcissiques selon la deuxième expertise) et d'une légère dépression.

Par contre, ils se distancient du diagnostic de dépression sévère posé par des thérapeutes à l'époque des faits. Soulignant qu'une dépression sévère peut diminuer davantage la responsabilité, l'avocate de la défense a demandé que la Cour entende ces thérapeutes, mais sa requête a été refusée.

Possessivité extrême

Les époux sont arrivés de Tunisie en Suisse en 1999 et ont eu deux filles aujourd'hui adolescentes. Le mari surveillait constamment sa compagne. Après des violences conjugales, elle a demandé la séparation, et son mari ne supportait pas qu'elle lui échappe.

«Paix à son âme», répétait de dernier durant le premier procès, affirmant ne pas vouloir dire du mal de sa victime, «un ange», «une fleur très fragile». Mais il a fini par lâcher ce qu'il pensait d'elle: «un cas», une femme «pas maligne», «malade», «folle», «un robot» qui ne savait pas faire le ménage, faire à manger ni remplir ses devoirs familiaux et conjugaux.

Il avait aussi invoqué tour à tour une belle-soeur avide d'argent, des mafieux qui exploitaient sa femme, un complot des milieux islamistes, ou encore un traumatisme dans son enfance, dont il n'a rien voulu préciser. (ats)

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