Actualisé 11.10.2009 à 11:09

Décès de Jacques Chessex

L'illustre écrivain repose à Lausanne

Le décès subit de Jacques Chessex vendredi soir à suscité maints hommages ce week-end.

L'écrivain vaudois avait 75 ans. Il repose à la chapelle St-Roch à Lausanne où le public pourra se recueillir dès lundi.

Jacques Chessex s'est effondré lors d'un débat organisé à Yverdon-les-Bains (VD), en marge des représentations de «La confession du pasteur Burg» au théâtre de l'Echandole. Pour le metteur en scène du spectacle Didier Nkebereza, «Jacques Chessex est mort en parlant brillamment de littérature».

A l'annonce du décès, les hommages ont afflué. Le ministre de la culture sortant Pascal Couchepin, contacté par l'ATS, a salué «cet explorateur des parties obscures de l'être humain confronté à l'histoire ou à des passions extraordinaires». Il a souligné la stature de cet auteur, seul Suisse lauréat du prix Goncourt.

D'autres personnalités ont dit leur estime pour le disparu, dont le président de la Confédération Hans-Rudolf Merz. Le président du Conseil d'Etat vaudois Pascal Broulis a déclaré que «Jacques Chessex a marqué par son franc-parler et ses écrits. Il savait travailler les mots pour les faire chanter et les utiliser avec excès parfois pour susciter le débat.»

Quelques éditeurs et des écrivains romands ont livré des témoignages d'admiration, voire d'affection. Des internautes ont aussi fait part de leur tristesse. L'un d'eux écrit: «Jacques Chessex était un Goya de la littérature, il est parti en un éclair, dans une des visions qui lui étaient si familières».

Qualité d'écriture

S'exprimant à la Télévision suisse romande, l'ex-animateur de l'émission littéraire française «Apostrophes» Bernard Pivot a souligné la qualité de l'écriture et le style «très dense, très précis et très cursif» du poète et romancier vaudois. Il utilisait des adjectifs et adverbes «tout à fait surprenants qui tantôt éblouissaient ou giflaient le lecteur.»

Jacques Chessex était attendu samedi à Soleure au vernissage d'une exposition de ses oeuvres, car le poète était aussi peintre depuis longtemps. Jusqu'au 31 octobre, le visiteur peut admirer 60 travaux, en particulier des gouaches et des collages, dans une galerie de la vieille ville.

Projets de films

L'oeuvre de Jacques Chessex n'a que peu été mise en images. Simon Edelstein adapte «L'Ogre» en 1986, et Jean-Jacques Lagrange tourne pour la télévision «La confession du pasteur Burg» en 1992. D'autres projets de films sont cependant en préparation.

Francis Reusser va porter à l'écran «La Trinité», roman de 1992. Le tournage est prévu l'an prochain. Quant à Lionel Baier, il devrait réaliser «Un Juif pour l'exemple», récit de Jacques Chessex qui a suscité la polémique cet hiver à Payerne (VD). «Ce sera un projet de longue haleine. Il va se réaliser mais je ne sais pas encore comment.»

Interrogé récemment par l'ATS, Jacques Chessex avait évoqué un autre projet de cinéma concernant son roman «Le vampire de Ropraz» publié en 2007. Ce récit basé sur des faits réels raconte une terrifiante histoire d'un violeur de tombes nécrophage.

Projet de livre

L'auteur avait également parlé de son prochain roman qui allait retracer l'incroyable destin du crâne du marquis de Sade. L'ouvrage, s'il est achevé, devrait sortir en janvier.

Ecrivain de l'érotisme, de la mort et du secret, Jacques Chessex laisse des dizaines d'ouvrages. Il estimait que «La mort d'un Juste» (1996) et «Le rêve de Voltaire» (1995) sont ses oeuvres les plus abouties. Lauréat de maintes distinctions, il avait été élevé en France au grade de Chevalier de la Légion d'honneur. (ats)

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