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L'immigration affaiblit les syndicats et pèse sur les salaires

Telle est la conclusion d'une étude du service de recherche économique du Credit Suisse.

Les barrières d'entrée sur le marché suisse du travail ont été levées ou vont l'être sous peu pour les ressortissants des pays de l'Union européenne (UE) et de l'AELE. Cette libéralisation a un impact incontestable, en réduisant la pénurie de main-d'oeuvre qualifiée apparue dans le sillage de l'essor économique actuel, constatent les experts du numéro 2 bancaire helvétique.

Modération des salaires

Pour l'heure, selon leur étude, aucune éviction de travailleurs suisses n'a été notée. Mais un des effets de cet afflux de nouveaux arrivants est une modération des prétentions salariales. Elle tient notamment à une réduction progressive du pouvoir de négociation des syndicats dans le cadre des pourparlers salariaux.

Cette évolution résulte en particulier du fait qu'avec l'arrivée de nouveaux travailleurs, la proportion de personnes syndiquées par rapport à l'ensemble de la population active diminue, alors même que la concurrence pour les emplois s'intensifie.

La «menace syndicale» se réduit

Le recul relatif des effectifs des syndicats - cela dans l'hypothèse où les nouveaux immigrés n'y adhèrent pas ou pas immédiatement - réduit dans le cas de discussions salariale «leur potentiel de menace», selon les termes de l'étude du CS.

Le fort afflux de personnes étrangères devrait aussi accélérer la décentralisation des négociations salariales, en l'occurrence vers des négociations au niveau des entreprises plutôt que sectorielles. Ce glissement contribue lui aussi à l'affaiblissement de la capacité de négociation des syndicats.

Pour l'heure, l'influence de l'entrée en vigueur de la libre circulation des personnes sur l'évolution moyenne des salaires selon les branches ne peut encore être dégagée que de manière empirique, reconnaissent les auteurs de l'étude.

Mais certains phénomènes sont d'ores et déjà discernables. Il apparaît ainsi que les branches qui connaissent une forte immigration de main-d'oeuvre - à commencer par l'hôtellerie- restauration - enregistrent des augmentations de salaires inférieures à la moyenne.

Mais l'inverse se produit aussi, à l'image de branches comme l'intermédiation financière ou les assurances, qui ont une orientation globale plus marquée et un besoin élevé de collaborateurs hautement formés et qualifiés, constatent encore les auteurs de l'étude.

(ats)

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