Feu à Saint-Aubin (NE): L'incendie sonne-t-il le glas des cloches?
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Feu à Saint-Aubin (NE)L'incendie sonne-t-il le glas des cloches?

L'incendie qui a ravagé le temple de Saint-Aubin (NE) a laissé quatre «orphelines», des cloches qui, pour la plupart, ont été endommagées lors du sinistre.

par
Catherine Bex

Si la Bible et les orgues semblent avoir survécu à l'incendie qui a ravagé une partie du temple de Saint-Aubin (NE), il n'en va pas de même des quatre cloches. Datant de 1604, la plus lourde et la plus ancienne a notamment souffert durant le sinistre de mardi soir. Avec ses 900 kg, il aura fallu, pour la descendre avec ses consoeurs, de l'intervention d'une grue du Service de protection et sauvetage de Lausanne et du Groupe de recherche et d'intervention en milieu périlleux (Grimp) du Service d'incendie et de secours de Neuchâtel.

Au final, trois d'entre elles sont fissurées. Le sauvetage a duré près de quatre heures, selon le chef d'intervention et premier lieutenant Grégory Loertscher, qui relève la «très bonne collaboration» des différents corps qui ont oeuvré lors de cette «intervention de grande ampleur».

«Il vaut mieux les exposer dans un musée»

Le directeur de la fonderie Rüetschi AG, à Aarau, examinera les quatre rescapées mardi prochain. René Spielmann, dont l'entreprise est la dernière en Suisse de ce type, explique qu'il n'a jamais vu de cloches survivre à un incendie prenant dans le clocher. «Soit la chaleur déforme la cloche, soit le refroidissement rapide la fissure.»

Mais est-il judicieux de les réparer? «Je ne recommande pas une restauration si une cloche a été fissurée lors d'un incendie», conseille René Spielmann. «Si on la soude, des tensions se développent ailleurs et peuvent provoquer d'autres fissures. Cela peut être un jeu infini. Nous l'avons essayé à plusieurs reprises, notamment aux Grisons, avec un montant à cinq chiffres à la clé, avant de refaire du neuf.»

Dans ce cas, pour l'ingénieur, «il vaut mieux l'exposer dans un musée. Elle est défectueuse en tant qu'instrument de musique, pas en tant qu'objet historique.» Et de préciser son idée: «Il en va de même pour les vases. Même fêlés, on peut encore les exposer.»

Evaluer le prix d'un tel objet reste difficile, selon la fonderie, en fonction depuis 1367. Mais quand on sait que la matière brute et l'énergie nécessaire à chauffer les matériaux pour fabriquer une cloche de 900 kg coûte déjà quelque 18'000 francs, main-d'oeuvre non comprise, on saisit mieux que le coût des dommages sera élevé.

Bâtiment historique

Le bâtiment, dont la première mention date de 998, a également souffert. Outre la disparition du toit du clocher, c'est le clocher lui-même qui est fissuré. En revanche, les archives ont pu être sauvées.

Le temple est désormais fermé au public pour une longue période. Les ouailles devront donc se tourner vers d'autres lieux de culte.

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