Actualisé 25.08.2017 à 07:45

Attentats de Barcelone

L'indépendance catalane s'invite dans l'enquête

La police catalane est accusée d'avoir exclu les autres services de police espagnols dans l'enquête sur les attentats à Barcelone et Cambrils.

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Selon le journal El Periódico, l'homme qui aurait planifié les attentats meurtriers du 17 août 2017 en Catalogne circule librement en Europe. (Jeudi 2 août 2018)

Selon le journal El Periódico, l'homme qui aurait planifié les attentats meurtriers du 17 août 2017 en Catalogne circule librement en Europe. (Jeudi 2 août 2018)

Keystone
Nouvelle arrestation dans le cadre de l'attentat de Barcelone. La police espagnole a arrêté un Marocain de 24 ans qu'elle dit lié à plusieurs membres de la cellule djihadiste. (22 septembre 2017)

Nouvelle arrestation dans le cadre de l'attentat de Barcelone. La police espagnole a arrêté un Marocain de 24 ans qu'elle dit lié à plusieurs membres de la cellule djihadiste. (22 septembre 2017)

Keystone
Mohamed Houli Chemlal, seul survivant de l'explosion de la maison où la cellule confectionnait des explosifs, à Alcanar (Jeudi 14 septembre 2017).

Mohamed Houli Chemlal, seul survivant de l'explosion de la maison où la cellule confectionnait des explosifs, à Alcanar (Jeudi 14 septembre 2017).

Keystone

L'enquête sur les attentats djihadistes en Catalogne a été rapide, mais éclaboussée par une polémique: la police catalane est accusée d'avoir exclu les autres services de police espagnols pour des raisons politiques et d'avoir peut-être négligé des indices déterminants.

Après avoir assuré pendant des jours qu'il ne voulait pas «entrer dans la polémique», le gouvernement indépendantiste catalan était visiblement irrité jeudi. «Certains médias ne veulent qu'une chose: nous discréditer», a dénoncé le ministre catalan des Affaires intérieures Joaquim Forn.

Il répondait à des accusations selon lesquelles la police catalane n'avait pas consulté Madrid sur les antécédents judiciaires du cerveau présumé des attentats et décliné l'aide proposée dans l'enquête sur l'explosion de la maison d'Alcanar. Une maison qui s'est avérée être la planque des djihadistes bourrée d'explosifs, où deux d'entre eux ont été tués et un troisième blessé.

Cette polémique intervient alors que le torchon brûle entre le gouvernement espagnol et les nationalistes, déterminés à organiser le 1er octobre un référendum d'autodétermination malgré l'interdiction de Madrid.

Unité affichée

Les deux camps se sont pourtant efforcés de montrer une image d'unité après les attaques, affichant leur volonté de voir l'enquête progresser. Le jour même des attentats revendiqués par le groupe Etat islamique (EI), la police catalane, les Mossos d'Esquadra, a abattu cinq des douze membres présumés de la cellule djihadiste.

Quatre jours après, elle localisait et tuait le fugitif, conducteur de la camionnette qui a fauché des passants sur las Ramblas. La police a également arrêté rapidement les quatre membres présumés de la cellule encore en vie.

Leurs déclarations ont permis de désigner comme cerveau des attentats un imam marocain et de découvrir qu'il était mort dans l'explosion accidentelle de la planque d'Alcanar, où les djihadistes préparaient des attentats de plus grande ampleur contre «des monuments».

En moins d'une semaine, la cellule a ainsi été «démantelée» et les Mossos ont été couverts d'éloges jusqu'à ce que deux syndicats représentant la Garde civile et la police nationale lancent mardi de virulentes accusations.

«Image d'Etat catalan»

Dans un communiqué commun, l'Association unifiée des Gardes civils (AUGC) et le Syndicat unifié de la police (SUP) affirment que le gouvernement catalan les aurait exclus de l'enquête pour «donner une image hors de nos frontières d'un Etat catalan auto-suffisant».

Principaux griefs: leurs experts en explosifs n'auraient pas eu accès à la maison d'Alcanar et les Mossos n'auraient pas pris en compte leurs informations concernant le lien entre l'imam et une personne arrêtée en 2007 lors d'une opération policière anti-terroriste.

«Il y a eu une collaboration permanente, constante et fluide entre les différentes institutions, aussi bien au niveau politique qu'au niveau technique des différents services de police et forces de l'ordre», a assuré mercredi pour tenter de calmer le jeu le préfet de Catalogne Enric Millo, représentant de l'Etat central.

Accusations «irresponsables»

Mais la polémique a repris dès jeudi avec des révélations dans la presse. Certains quotidiens ont ainsi affirmé que la juge désignée après l'explosion d'Alcanar avait indiqué aux Mossos que les nombreuses bouteilles de butane retrouvées dans les décombres étaient destinées à commettre un attentat - mais que la police catalane ne l'avait pas écoutée.

Aucune des sources policières ou judiciaires contactées par l'AFP n'a pu confirmer cette information.D'autres journaux ont ajouté que la police belge avait contacté en mars 2016 les Mossos pour les mettre en garde contre l'imam marocain, qui avait tenté d'être recruté dans une mosquée près de Bruxelles.

Faux, réplique Joaquim Forn. Selon lui, il y a simplement eu une discussion «informelle» entre un policier belge et un homologue catalan qui se connaissaient personnellement. Le ministre souligne que les Mossos, dont la communication officielle avec les polices étrangères doit passer par Madrid, n'ont jamais disposé d'informations sur l'imam.

El Pais a qualifié jeudi d'«irresponsables» de telles accusations, tout comme «l'utilisation politique de supposés succès ou échecs» de la police catalane. Un avis partagé par le syndicat des Mossos d'Esquadra, qui les trouve «injustes» et juge qu'elles «donnent un sens politique à une actualité policière». (nxp/ats)

(NewsXpress)

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