Actualisé 19.10.2017 à 15:21

Catalogne L'indépendance n'a pas été déclarée, mais...

Le leader séparatiste Carles Puigdemont a menacé jeudi de déclarer l'indépendance si Madrid suspend l'autonomie catalane. La réponse du gouvernement espagnol ne s'est pas fait attendre.

Le gouvernement espagnol a annoncé jeudi qu'il poursuivait la procédure de suspension d'autonomie de la Catalogne. Il estime que le président catalan Carles Puigdemont n'a pas restauré l'ordre dans sa région, approfondissant encore la crise entre Madrid et Barcelone.

«Le gouvernement continuera les démarches prévues par l'article 155 de la Constitution pour restaurer la légalité» en Catalogne, a-t-il indiqué dans un communiqué. Un conseil des ministres extraordinaire a été convoqué pour samedi pour décider quelles mesures doivent être prises dans le cadre d'une suspension d'autonomie de la Catalogne.

Cette décision fait suite à l'expiration de l'ultimatum lancé au président catalan Carles Puigdemont. Celui-ci devait dire avant 10 heures s'il avait ou non formellement proclamé l'indépendance de la région. Le dirigeant séparatiste n'a pas apporté la clarification souhaitée par Madrid.

Nouvelle menace

Dans une lettre adressée au chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, il a en revanche affirmé que le parlement catalan «pourra procéder (...) au vote d'une déclaration formelle d'indépendance qu'il n'a pas votée le 10 octobre», au cas où Madrid «persiste à empêcher le dialogue et poursuivre la répression».

Dans ce courrier il a laissé au gouvernement le choix de prendre en compte le fait qu'il disait plus ouvertement qu'il n'y avait pas eu à ce stade de déclaration d'indépendance dans la région et considérer que cela ouvrait la porte à un apaisement, ou de retenir la menace.

Eviter un «suicide collectif»

Le gouvernement espagnol a choisi la deuxième option. Bien que le ton soit à l'affrontement, cela laisse cependant encore deux jours pour d'éventuelles tractations.

Auparavant le grand journal catalan La Vanguardia, avait souligné la «responsabilité historique» de Carles Puigdemont, l'implorant de choisir l'option que lui proposait le gouvernement depuis mercredi: convoquer des élections régionales anticipées pour repartir à zéro.

«Il n'y a pas de dignité dans le suicide collectif, surtout si un seul le décide et tous en souffrent», écrit le journal. Dans cette région ayant une langue et une culture propres, fière de son autonomie, une suspension d'autonomie pourrait déclencher un «affrontement civil», prévient la Vanguardia. (nxp/afp)

L'UE va envoyer un «message d'unité»

Le président français Emmanuel Macron a indiqué jeudi que les dirigeants européens allaient «envoyer», à l'occasion de leur sommet à Bruxelles, un «message d'unité autour de l'Espagne» en pleine crise catalane. Ce sommet se réunit alors que le gouvernement espagnol a annoncé qu'il allait de l'avant pour suspendre l'autonomie de la Catalogne, après la menace du président catalan Carles Puigdemont de déclarer l'indépendance si la «répression» continuait.

(NewsXpress)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!