Actualisé 21.03.2017 à 10:56

SuisseL'industrie horlogère continue à broyer du noir

Les mauvais chiffres de février tombent à deux jours de l'ouverture du salon horloger Baselworld, à Bâle.

Photo d'illustration.

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Keystone/Archives

L'industrie horlogère suisse continue à broyer du noir, à deux jours de l'ouverture de Baselworld 2017. Ses exportations ont chuté de 10% en février sur un an pour tomber à 1,49 milliard de francs. C'est le 20e mois consécutif de contraction pour le secteur.

Corrigé du nombre de jours ouvrables, le taux de baisse ressort à 6,2% «seulement». Le deuxième débouché à l'exportation, les Etats-Unis, a particulièrement souffert avec un plongeon de 26,2% par rapport à février 2016 à 147,6 millions de francs, a indiqué mardi la Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH).

Première destination pour les montres helvétiques, Hong Kong a évolué «de manière hésitante», relève la FH en publiant ses statistiques mensuelles. Les exportations vers l'ancienne colonie britannique, devenue chinoise il y a 20 ans tout juste, ont reculé de 12,1% pour se fixer à 186,8 millions de francs.

Chine en croissance

En revanche, la Chine, qui occupe la troisième place, est en hausse de 6,7% à 107,7 millions de francs, après le rebond de 7,8% déjà constaté en janvier. L'évolution vient confirmer les propos tenus jeudi dernier par le directeur général de Swatch Group, Nick Hayek, qui annonçaient le retour à la croissance de ce marché jugé crucial.

En fait, le marché chinois est en reprise depuis l'été dernier. Les horlogers suisses comptent beaucoup sur lui pour inverser la spirale négative qu'ils affrontent depuis deux ans. Les affaires réalisées durant le salon Baselworld, qui se tient du 23 au 30 mars, seront donc plus que jamais importantes.

Quatrième débouché, le Royaume-Uni a confirmé lui aussi sa bonne tenue, favorisé par la dévalorisation de la livre sterling consécutive au vote sur la sortie de l'Union européenne (Brexit) en juin dernier. Les livraisons ont augmenté de 1,9% pour s'inscrire à 94,9 millions de francs.

Europe à la peine

Les marchés suivants (dans l'ordre, Japon, Italie, Allemagne, Singapour, France et Emirats arabes unis) ont par contre constitué une grosse déception pour la branche. Ils ont tous, à l'exception de Singapour (-2,3%), subi des contractions égales ou supérieures à 10% (jusqu'à 23,9% pour les Emirats), selon la FH.

En volume, la baisse de février a impliqué l'exportation de 1,8 million de montres (-13,9%), les garde-temps en métaux précieux alimentant la tendance, pour une valeur totale de près de 1,4 milliard de francs (-10,4%). Le solde, constitué de composants, a apporté 94,1 millions de francs (-3,6%).

Les extrémités d'abord

En considérant les catégories de prix, le repli du mois dernier a touché prioritairement les deux extrémités, selon la FH. Les montres de moins de 200 francs (prix à exportation) ont ainsi vu leur valeur perdre plus de 20%, alors que les garde-temps de plus de 3000 francs affichaient une diminution de 11,9%.

Après deux mois en 2017, les exportations horlogères affichent un recul de 8,3% à 2,93 milliards de francs, la baisse de janvier s'étant limitée à 6,2% (-11,3% en corrigeant le nombre de jours ouvrables). Les mauvais chiffres de février viennent donc reporter à plus tard le rebond tant espéré par les acteurs du secteur. (nxp/ats)

Progression en février

Les exportations suisses ont progressé de 0,9% sur un an en février, la hausse des livraisons de produits chimiques et pharmaceutiques compensant tout juste le repli des envois de montres. Les importations ont quant à elles augmenté plus fortement, soit de 5,4%.

(NewsXpress)

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