VIRUS, L'ENQUÊTE CONTAGIEUSE DE LA RADIO SUISSE ROMANDE: L'industrie horlogère raffole des temporaires

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VIRUS, L'ENQUÊTE CONTAGIEUSE DE LA RADIO SUISSE ROMANDEL'industrie horlogère raffole des temporaires

Rolex emploierait entre 1100 et 1200 temporaires sur ses 6000 collaborateurs. A Plan-les-Ouates, le pourcentage s'élève à 25%.

«J'ai commencé comme stagiaire en 2003. Puis j'ai continué, via une agence de placement, avec des contrats temporaires d'un an. C'est mon troisième contrat et ils m'ont dit qu'en mars ce sera terminé.» Le cas de Ghislaine*, assembleuse chez Rolex, n'est pas unique. L'entreprise horlogère n'embauche pas, ou très peu. Et ce malgré une demande de montres en pleine croissance.

Du côté du service de presse de Rolex, on oppose un «no comment» sur tout ce qui ne concerne pas les produits, mais diverses sources – internes et externes – citent le chiffre de 1100 à 1200 temporaires. Malik*, 26 ans, contrôleur de qualité, vient de terminer son mandat : «J'ai passé chez eux une année via Adecco, puis deux fois six mois avec un contrat à durée déterminée. Leur stratégie, c'est d'engager pour des missions d'une année, à la fin de laquelle il y a un arrêt de deux mois où les gens pointent au chômage. Puis ils vous reprennent. Ou non, c'est selon. La règle, c'est trois «missions» maximum.»

C'est d'ailleurs Malik qui a formé son successeur, un temporaire. La legislation ne limite pas le nombre de temporaires et la plupart des entreprises en ont un «volant». Mais le syndicat Unia se préoccupe de plus en plus de la situation chez Rolex où des gens qualifiés – et non plus seulement des «petites mains », même s'ils forment le gros des troupes – sont embauchés comme interimaires.

Les salaires respectent en général la convention collective de la branche – que Rolex a signé – «mais ce sont toujours les minimas. Et n'oubliez pas que si vous êtes temporaire, vous ne bénéficiez pas du deuxième pilier de Rolex qui est excellent, mais de celui de Manpower ou d'Adecco», nous explique un employé de l'entreprise genevoise.

L'Office cantonal de l'emploi a tenté de «sensibiliser» l'entreprise aux conséquences de leur politique. Prudemment. Rolex est le plus gros employeur du canton.

Francesca Argiroffo (RSR)

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