Actualisé 11.10.2009 à 12:38

France

L'ingénieur du CERN toujours en garde à vue

Un des deux Français interpellés jeudi dans le centre est de la France pour des liens présumés avec l'organisation Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a été remis en liberté samedi en fin de journée sans charge retenue contre lui.

Le chercheur du CERN arrêté jeudi dernier en France a bien évoqué des attentats dans ses messages internet interceptés par la justice, mais «de manière générale», selon des sources judiciaires. Il devrait être déféré lundi au parquet de Paris, compétent en matière antiterroriste.

Ce Français d'origine algérienne de 32 ans qui travaillait à Genève au Centre européen de recherche nucléaire (CERN), était en contact par internet avec des personnes proches d'Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Ce groupe a revendiqué de nombreux attentats meurtriers en Algérie et a juré de s'en prendre à la France.

«Dans ses échanges avec AQMI, il parlait de projets d'attentats en général. Mais on n'en était pas au niveau opérationnel, il n'était question ni de moyens, ni de dates. Il avait proposé des cibles mais ça variait», a expliqué une source judiciaire.

Secteur nucléaire pas visé

L'homme avait manifesté l'envie de commettre au moins un attentat, il en était au stade «de souhait, d'envie», mais ne semble «pas avoir commis d'actes matériels de préparation», ont souligné d'autres sources proches du dossier.

Le «Journal du dimanche» parle pour sa part de premiers aveux de l'homme en garde à vue. Il est cependant d'ores et déjà exclu que les objectifs évoqués, et qui restaient dans le vague, aient concerné le secteur nucléaire.

Le CERN avait indiqué en fin de semaine dernière que l'ingénieur poursuivait ses recherches dans le cadre d'un contrat avec un institut extérieur et qu'il n'avait jamais été en contact avec un élément pouvant être utilisé à des fins terroristes.

Surveillé depuis un an

Le suspect a été confondu grâce à l'interception d'échanges informatiques par le renseignement américain - doté d'équipements capables d'une telle surveillance au niveau mondial - qui a alerté l'antiterrorisme français il y a environ un an, a-t-on appris auprès de la source judiciaire.

L'homme avait été placé sous surveillance depuis un an dans le cadre d'une instruction plus large portant sur le recrutement de combattants pour l'Afghanistan. C'est lorsqu'il a été décidé une disjonction et que le nouveau dossier a été confié la semaine dernière à un nouveau juge que son arrestation a été décidée.

L'homme, dont la garde à vue a été prolongée ce week-end, devrait être présenté à un magistrat antiterroriste lundi en vue de sa mise en examen. Son frère cadet, arrêté en même temps que lui jeudi, a en revanche été mis hors de cause et libéré, a précisé une porte-parole.

Les deux frères avaient été interpellés à leur domicile jeudi matin à Vienne, dans le département de l'Isère (centre-est de la France), puis transférés en région parisienne. (ats)

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