Votations: L'initiative de Franz Weber balayée
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VotationsL'initiative de Franz Weber balayée

La troisième initiative pour sauver Lavaux a été celle de trop: seuls 28,6% des Vaudois l'ont soutenue dimanche. Le contre-projet du Conseil d'Etat a en revanche été approuvé par 68,5% des votants.

Le résultat est clair, malgré une campagne qui laissait présager d'un résultat incertain, a indiqué devant la presse Pierre-Yves Maillard, le président du Conseil d'Etat vaudois. Le gouvernement se réjouit particulièrement que les habitants du Lavaux aient été considérés comme des citoyens à part entière, ayant les mêmes droits.

L'initiative faisait preuve de défiance envers la gestion communale. Même si les communes ont parfois fait des erreurs, les dépouiller de leurs compétences était inacceptable, a-t-il relevé.

«On nous a reproché de prendre du temps. Mais au final, chaque fois que le gouvernement recherche un bon compromis avec toutes les parties, il est suivi», a remarqué Pierre-Yves Maillard.

Sagesse de la population

Pour Jacqueline de Quattro, cheffe du Département du territoire et de l'environnement, la population a fait preuve d'une grande sagesse, en acceptant une protection renforcée, mais ciblée. Lavaux est déjà sous protection, mais celle-ci va se renforcer, a-t-elle ajouté.

La zone à bâtir restant disponible, de 40 hectares, sera encore réduite de moitié. Au moins la région peut continuer à vivre et à se développer, a-t-elle ajouté.

Lavaux demeurera un site protégé, mais vivant, grâce à un projet réunissant le gouvernement, le Grand Conseil, les communes concernées, a renchéri la cheffe du Département des institutions et de la sécurité, Béatrice Métraux.

Les zones intermédiaires (6,5 hectares) seront définitivement inconstructibles et les zones viticoles et agricoles placées dans un Plan d'affectation cantonal. Des projets viticoles pourront voir le jour et des infrastructures pourront être construites, comme des hôpitaux, écoles et garderies.

Ouf de soulagement

Les vignerons ont poussé un énorme ouf de soulagement, a rapporté le chef du Département de l'économie Philippe Leuba. On a beaucoup parlé d'omerta dans le monde viticole. Mais la commune de Rivaz a accepté le contre-projet à 86%; et son taux de participation était de 92,2%, a-t-il souligné.

Ce résultat illustre l'engagement de la viticulture d'abord réticente en faveur du contre-projet. Ces derniers bénéficieront de soutiens par le biais de crédits d'améliorations foncières destinés notamment à l'entretien de murs de vigne. (ats)

Le peuple s'est exprimé trois fois depuis 1977

Chronologie du combat le plus obstiné du militant écologiste, entamé voici plus de 40 ans:

1972: Franz Weber fonde l'association «Sauver Lavaux».

1973: il lance la première initiative constitutionnelle «Sauver Lavaux» demandant la protection intégrale du vignoble entre Lutry et Corsier.

1977: le peuple vaudois accepte le texte de Franz Weber par 54,9% des voix.

1979: la loi sur le plan de protection de Lavaux (LLavaux) définit les objectifs et principes de protection du site et fixe son périmètre précis.

2003: l'entrée en vigueur de la nouvelle Constitution vaudoise entraîne la suppression de l'article de 1977. Une deuxième initiative est alors lancée pour réintroduire un article ad hoc au niveau de la Constitution.

2005: peu combattue, l'initiative Lavaux II est acceptée par 80, 9% de la population.

2007: inscription de la région de Lavaux au patrimoine de l'Unesco. Cette reconnaissance n'a pas force de loi, mais atteste de la qualité exceptionnelle d'un site à préserver.

2009: lancement en mars de l'initiative «Sauver Lavaux III» qui souhaite empêcher toute nouvelle construction à quelques rares exceptions et étendre la protection à de nouveaux territoires en bordure du site. Elle aboutit en août avec 16'839 signatures.

Alors que les précédentes étaient constitutionnelles, cette initiative législative modifie la Llavaux et règle de manière précise la gestion du territoire.

Sujette à caution pour le Conseil d'Etat, la validité juridique du texte est confirmée par le Grand Conseil, puis infirmée par la Cour constitutionnelle du canton de Vaud. Le 20 décembre 2011, le Tribunal fédéral atteste que l'initiative est conforme au droit supérieur.

2011: la Llavaux est révisée par le Grand Conseil vaudois. Les zones à bâtir diminuent de onze hectares. Une commission consultative est créée pour favoriser la qualité des bâtiments édifiés sur le site.

2013: le Conseil d'Etat propose un contre-projet direct à «Sauver Lavaux III».

18 mai 2014: le contre-projet l'emporte par 68,5% des voix contre 28,6% pour l'initiative.

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