Actualisé 25.01.2013 à 16:52

Salaires abusifsL'initiative Minder pourrait être acceptée

L'initiative Minder et l'article constitutionnel sur la politique familiale pourraient être acceptés le 3 mars, selon le premier sondage SSR publié vendredi.

Le sort de la révision de la loi sur l'aménagement du territoire est en revanche encore incertain. Si le scrutin avait eu lieu dimanche dernier, 65% des citoyens auraient voté «certainement oui/plutôt oui» à l'initiative «contre les rémunérations abusives» et 25% «certainement non/plutôt non», selon l'enquête réalisée par l'institut de sondage gsf.bern pour la SSR. Et 10% étaient encore indécis.

Les électeurs de tous les grands partis, sauf ceux du PLR, auraient soutenu le texte à une large majorité. Les sympathisants du PLR sont très partagés: 47% soutiennent le texte et 45% le rejettent, a indiqué vendredi la SSR.

A l'UDC, 67% a l'intention de glisser un «oui» dans l'urne et 22% un «non», alors que la base du parti doit adopter son mot d'ordre samedi lors de l'assemblée des délégués. Les sympathisants du PDC, qui s'oppose à l'initiative Minder, seraient 57% à soutenir le texte et 31% à le rejeter. Les électeurs du PS et des Verts suivent le mot d'ordre du parti, avec respectivement 80% et 75% de «oui».

Bon début

Concernant les arguments, 70% des partisans du texte partagent l'avis selon lequel l'initiative donnera «un coup de frein à l'avidité des managers et conseils d'administration». Ils sont 78% à penser que les actionnaires doivent pouvoir voter sur les salaires des dirigeants, alors que 66% estiment que l'Etat doit limiter les très hautes rémunérations.

Les arguments des opposants à l'initiative convainquent moins: 63% jugent qu'il ne faut pas imposer trop de restrictions étatiques aux entreprises. La majorité (57%) ne croit pas que des emplois seraient menacés en cas de «oui» le 3 mars, alors que 34% des personnes interrogées partagent cet avis.

Même si la majorité des sondés soutient le texte, «tout n'est pas joué pour autant», souligne gsf.bern. L'institut rappelle que les initiatives populaires sont généralement bien accueillies au début d'une campagne, mais que le «non» progresse au fil des semaines. Toutefois, sur l'ensemble des initiatives populaires de la législature, aucune n'avait aussi bien démarré que celle de Thomas Minder, précise le communiqué.

Scepticisme en Suisse romande

La situation est moins claire concernant la révision de la loi sur l'aménagement du territoire. Même si 54% des sondés voteraient pour et 18% contre, il est difficile d'en tirer des conclusions, car 28% des personnes interrogées n'ont pas d'opinion et la matière est complexe.

Des différences se dessinent selon les régions linguistiques. En Suisse romande, davantage concernée par le déclassement de zones, surtout en Valais, 43% soutiennent la révision de la loi, contre 58% d'avis favorables en Suisse alémanique et dans les régions italophones.

Concernant l'article constitutionnel sur la politique familiale, 66% des sondés glisseraient un «oui» dans l'urne et 23% un «non», alors que 11% ne savent pas encore. Les plus jeunes plébiscitent davantage le texte que les aînés: 81% des 18-39 y sont favorables, contre 59% des plus de 65 ans. Les femmes (71%) approuvent davantage l'idée que les hommes (61%).

Participation moyenne

Même si la campagne a démarré tôt, surtout celle sur l'initiative Minder, gsf.bern pense que la participation ne devrait pas être supérieure à la moyenne: 39% des personnes interrogées ont l'intention de voter, soit un peu moins que la moyenne des dernières années (40-45%). Pour le sondage, 1217 personnes ont été interrogées du 14 au 19 janvier dans toute la Suisse. (ats)

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