Suisse: L'initiative pour revaloriser les bourses d'études
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SuisseL'initiative pour revaloriser les bourses d'études

L'Union des étudiants de Suisse (UNES) lance une initiative populaire pour harmoniser les montants des bourses d'études en Suisse.

Malgré les efforts entrepris, de grandes différences subsistent entre les cantons sur les aides à la formation, constate l'organisation faîtière estudiantine.

Les étudiants ont reçu l'appui de personnalités du monde académique, mardi à Berne pour le lancement de leur texte. Le recteur de l'Université de Lausanne Dominique Arlettaz a ainsi rappelé que le système d'études helvétique est très sélectif en comparaison avec l'étranger.

Seuls 32% des jeunes Suisses obtiennent un certificat de maturité. «C'est très peu car la moyenne de l'OCDE est légèrement supérieure à 60%», selon le recteur lausannois. Pour arriver dans une haute école, un jeune doit donc affronter une sélection sévère. L'enseignement supérieur se voit réservé «aux rejetons des familles aisées», abonde le conseiller national Jacques Neirynck (PDC/VD), professeur honoraire de l'EPFL.

Aussi pour la formation professionnelle

Pour que les étudiants puissent faire leur travail, il faut leur garantir un niveau de vie minimal, estime M. Arlettaz. Or le montant global des bourses d'études n'a pas augmenté au cours des 20 dernières années. Avec 14%, la Suisse enregistre une des proportions des bénéficiaires les plus basses d'Europe.

La question des bourses d'études concerne aussi la formation professionnelle, a rappelé Jean-Christophe Schwaab, secrétaire central de l'Union syndicale suisse (USS). Près de 20'000 apprentis et élèves d'écoles professionnelles bénéficient de subsides. Ceux-ci sont indispensables, même pour des apprentis salariés, car des salaires inférieurs à 500 francs par mois ne sont pas rares, selon lui.

Garantir un standard minimal

Le texte déposé par l'UNES veut ancrer dans la constitution le financement des bourses d'études comme tâche de la Confédération. L'initiative demande qu'un «standard minimal» soit garanti durant une formation dans les hautes écoles, sans toutefois citer de montants. Les cantons sont responsables de la mise en oeuvre de ces dispositions. La récolte de signatures devrait débuter durant l'été.

Un projet d'harmonisation des bourses d'études existe déjà, initié par les cantons, la Confédération ayant renoncé à légiférer. La conférence suisse des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP) s'est mise d'accord sur un concordat, faisant passer les montants minimaux des bourses d'études de 13'000 à 16'000 francs pour la formation tertiaire, Universités et hautes écoles notamment. L'UNES juge toutefois cette hausse insuffisante en regard du coût de la vie.

Deux parlements cantonaux ont à ce jour ratifié le concordat: Bâle-Ville et les Grisons, sous réserve d'un référendum. Douze autres vont se prononcer cette année. Il faut que dix cantons donnent leur feu vert pour que cet accord entre en vigueur. Pour l'UNES, ce concordat intercantonal constitue un «premier pas important».

Inquiétudes des cantons

De son côté, la présidente de la CDIP Isabelle Chassot espère que l'initiative, même si elle est considérée comme «le pas suivant», ne va pas entraver le concordat. Elle redoute un arrêt du processus de ratification. Certains cantons pourraient vouloir attendre l'issue d'un vote sur l'initiative avant de se prononcer sur l'accord intercantonal.

Son autre crainte porte sur le financement: si les bourses d'études deviennent du ressort de la Confédération, à quel autre domaine de la formation ces montants seront-ils retirés?, s'inquiète la conseillère d'Etat fribourgeoise. (ats)

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