Actualisé 23.01.2009 à 09:05

Analyse VOXL'initiative sur l'AVS rejetée pour des raisons économiques

L'initiative sur l'AVS, qui a échoué le 30 novembre en votation, a été approuvée le plus fortement par les Romands et les personnes approchant de l'âge de la retraite.

La majorité des personnes qui l'ont refusée ont le plus souvent cité des arguments économiques.

Les citoyens qui ont déposé un «non» dans l'urne (58,6 %) craignaient que la charge supplémentaire pour l'AVS ou l'économie serait trop grande ou que l'évolution démographique ne permettrait aucun développement des prestations AVS. C'est ce que montre l'analyse VOX, publiée vendredi et réalisée par l'institut gfs.bern et l'Université de Zurich.

Deux tiers des votants étaient pourtant d'accord avec le principe de flexibiliser l'âge de la retraite. Nombre d'entre eux estimaient aussi que si les banques obtenaient une aide de l'Etat, de l'argent devait aussi revenir à l'AVS. Mais ils se sont laissé convaincre par le contre-argument selon lequel la menace d'une récession économique chargerait l'AVS encore davantage.

L'âge et l'appartenance linguistique ont joué un rôle important dans la décision. Comme c'est souvent le cas lors d'objets de politique sociale, la «barrière de rösti» s'est révélée de manière très nette. Alors que dans les cantons romands, la part de «oui» se situait au-dessus de 50 % ou un peu au-dessous, les cantons alémaniques ont nettement rejeté l'initiative.

le de l'âge

Par ailleurs, la part de «oui» augmente de manière exponentielle avec l'âge et atteint un sommet auprès des 50-59 ans (57 %). Elle redescend ensuite pour ne plus s'élever qu'à 27 % auprès des plus de 70 ans. Les personnes proches de la retraite ont donc approuvé l'initiative de manière beaucoup plus nette que celles qui ne sont pas encore ou plus du tout concernées par la retraite anticipée.

L'initiative sur l'AVS a de loin suscité le plus grand intérêt auprès des votants. En comparaison et par rapport à la moyenne des années 1993-2003, les quatre autres objets ont été considérés comme peu importants.

Sentiment de se sentir concerné

L'initiative pour l'imprescriptibilité des actes de pornographie enfantine, approuvée par 51,9 % des votants, n'a fait l'objet d'aucune campagne digne de ce nom. Vu l'engagement limité des partis politiques, l'identification politique n'a joué qu'un rôle marginal dans le comportement de vote.

Le sentiment subjectif de se sentir concerné par cet objet a donc été nettement plus important. Il est fort probable que les personnes qui se sont senties fortement touchées et préoccupées par ce thème aient déposé un «oui» dans l'urne.

Les personnes qui ont voté «oui» étaient conscientes des lacunes de l'initiative, qui présentait des formulations peu claires. Elles ont néanmoins apparemment considéré que les abus sur les enfants représentaient un délit tellement grave que tout devait être mis en oeuvre pour condamner les coupables.

PRD divisé sur son initiative

L'initiative visant à restreindre le droit de recours des associations était la première déposée par le PRD, mais le parti était divisé à l'interne, ce qui s'est traduit dans le comportement de vote de ses sympathisants. Dans l'échantillon de l'analyse VOX, seule une faible majorité d'entre eux a approuvé l'initiative.

A noter que les adversaires de l'initiative lui ont accordé une importance nationale bien plus élevée que les partisans du PRD. Et plus on lui accordait de l'importance, plus le rejet était élevé.

L'initiative sur le chanvre, rejetée à 63,2 %, a polarisé plus fortement que la révision de la loi sur les stupéfiants, acceptée à 68 %. Les personnes de gauche ont en majorité approuvé la dépénalisation de la consommation du cannabis, alors que les votants du centre ou de droite l'ont nettement rejetée.

L'analyse VOX a été effectuée durant les 16 jours qui ont suivi les votations. Les chercheurs ont interrogé 1001 personnes et la marge d'erreur se situe à &/- 3 %.

(ats)

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