Emploi fictif : L'interrogatoire surréaliste de l'assistante de Le Pen

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Emploi fictif L'interrogatoire surréaliste de l'assistante de Le Pen

Pour essayer de prouver qu'elle travaillait bien au Parlement européen à Bruxelles et non pour le compte du FN, Catherine Griset a avancé des arguments surprenants.

par
joc

Le Parlement européen accuse Marine Le Pen d'avoir payé sur ses deniers une collaboratrice qui travaillait en réalité pour le Front national. La dirigeante du parti d'extrême droite a été sommée de restituer 320'000 euros, ce qu'elle refuse de faire. Catherine Griset aurait été rémunérée comme assistante parlementaire pour le mandat européen de Mme Le Pen entre 2010 et 2016 alors qu'elle travaillait uniquement pour le Front national en France. Catherine Griset a été entendue par l'Office européen de lutte contre la fraude (Olaf). «L'Obs» a pu se procurer le procès verbal de cet interrogatoire.

Pour essayer de prouver qu'elle habitait à Bruxelles et qu'elle travaillait bien au Parlement, Catherine Griset a avancé des arguments surprenants. Les enquêteurs n'ont trouvé ni bail, ni contrat d'eau ou d'électricité au nom de Catherine Griset. Celle-ci a expliqué que c'était parce qu'elle était «logée par des amis qui avaient une grande maison». La collaboratrice de Marine Le Pen a ajouté que dans un premier temps, elle disposait d'une chambre, mais que des travaux dans la maison l'avaient contrainte à dormir «sur un canapé-lit». Pour justifier le fait que sa fille ait continué d'aller à l'école en France, elle a expliqué que son enfant «ne voulait pas changer d'établissement».

Trois heures de présence en trois mois

Pourtant, selon un témoin anonyme cité par «L'Obs», Catherine Griset n'a «jamais passé une semaine entière à Bruxelles». Un autre élément troublant a attiré l'attention des enquêteurs: les registres du Parlement européen n'ont relevé que trois heures de présence de Catherine Griset dans ses murs en l'espace de trois mois, du 1er octobre au 31 décembre 2014. Et là encore, la collaboratrice de Le Pen a eu une réponse étonnante: c'est parce qu'elle «rentrait par le parking», «dans la même voiture que Madame Le Pen». «L'Obs» précise cependant que la procédure veut que les assistants parlementaires passent par un portique spécifique lorsqu'ils sortent du parking. Mais la Française assure que les huissiers la laissaient entrer par le portique des députés.

Le Parlement européen va déclencher les retenues sur le salaire de Marine Le Pen à partir de février pour procéder au recouvrement de sommes liées à l'emploi de Mme Griset. La dirigeante du Front national élue au Parlement européen va donc toucher 8000 euros de moins par mois. (joc/afp)

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