Actualisé 26.04.2017 à 22:08

Etats-UnisL'interview «inintelligible» et ahurissante de Trump

Le président des Etats-Unis a accordé un entretien à l'Associated Press pour dresser le bilan de ses 100 premiers jours à Washington. Bilan: la journaliste n'a quasiment rien compris.

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Les démocrates américains ont franchi un cap dans leurs enquêtes visant le président Donald Trump, en les faisant rentrer officiellement dans le cadre d'une procédure de destitution. (Jeudi 12 septembre 2019)

Les démocrates américains ont franchi un cap dans leurs enquêtes visant le président Donald Trump, en les faisant rentrer officiellement dans le cadre d'une procédure de destitution. (Jeudi 12 septembre 2019)

Keystone
La démocrate Ilhan Omar a déclaré aux journalistes que Donald Trump était «fasciste». (Jeudi 18 juillet 2019)

La démocrate Ilhan Omar a déclaré aux journalistes que Donald Trump était «fasciste». (Jeudi 18 juillet 2019)

Keystone
La Chine a annoncé, en pleine escalade de la guerre commerciale avec Washington, avoir infligé une amende anti-monopole de 23,3 millions francs à une co-entreprise du constructeur automobile américain Ford. (Mercredi 5 juin 2019)

La Chine a annoncé, en pleine escalade de la guerre commerciale avec Washington, avoir infligé une amende anti-monopole de 23,3 millions francs à une co-entreprise du constructeur automobile américain Ford. (Mercredi 5 juin 2019)

Keystone

Histoire de dresser le bilan de ses 100 premiers jours passés à la Maison-Blanche, Donald Trump a accordé une interview à l'agence Associated Press (AP). Et tout ne s'est pas déroulé comme prévu: la journaliste n'a pas compris grand-chose aux propos du président des Etats-Unis. En témoigne la transcription de l'entretien, dans laquelle Julie Pace a écrit à 16 reprises le mot «inintelligible».

Tout au long de l'interview, Donald Trump s'est montré imprécis, confus, incohérent, donnant lieu à des échanges surréalistes avec son interlocutrice, rapporte 20minutes.fr. Lorsque celle-ci lui a demandé si la présidence l'avait changé, le milliardaire a livré une réponse incompréhensible: «Tout est tellement («inintelligible»), vous savez les ordres sont tellement massifs.»

Interrogé par exemple sur ses rapports avec CNN, le président explique qu'il ne regarde plus la chaîne. La journaliste lui assure cependant qu'il vient d'affirmer le contraire: «Non, non. Qu'ai-je dit (inintelligible)?» «Vous avez dit que vous regardiez CNN», lui rétorque Julie Pace. «Où ça? Où?», demande alors Trump. «Il y a deux minutes», répond Julie Pace. «Non, ils me traitent tellement mal. Non, je viens de dire ça. Non, ce que j'ai dit, c'est que j'avais arrêté de les regarder», conclut le président.

Une blague sur le 11-Septembre

Face à la journaliste, Donald Trump a passé son temps à se contredire et à faire des arrangements avec la vérité. Il a notamment assuré qu'il n'avait appris l'existence de Wikileaks que fin 2016, alors qu'il s'était déjà exprimé sur le sujet en... 2010. Il a également fait preuve d'une mauvaise foi désarmante au sujet de ses rapports avec les dirigeants mondiaux: «Nous avons une alchimie folle, a-t-il assuré en parlant d'Angela Merkel. Et les gens me félicitent d'avoir une si grande alchimie avec tous les leaders mondiaux.»

Pour couronner le tout, le «commander in chief» s'est permis une blague sur les attentats du 11-Septembre pour vanter les audiences de ses passages à la télévision: «J'ai les meilleures audiences sur les émissions matinales. Quand j'y vais, elles doublent ou triplent. (...) Dickerson a fait 5,2 millions de téléspectateurs. (...) C'est le meilleur score depuis le World Trade Center. Depuis que le World Trade Center s'est effondré», s'est-il vanté.

«Il n'a aucune cohérence»

Corentin Sellin, professeur agrégé d'Histoire et spécialiste des Etats-Unis, estime que cet entretien aberrant accrédite les rumeurs sur l'attitude du président américain. «En février, des démocrates et des psychiatres disaient que le comportement de Trump relevait de la psychiatrie. Avec cet entretien, il y a un élément tangible qui pose question sur la manière dont il lit la présidence», explique-t-il à «L'Express». Il poursuit: Trump «parle de son équipe à la Maison-Blanche alors que la journaliste ne lui avait pas posé de question sur le sujet, puis évoque la Chine, et revient encore et encore sur cette victoire au Collège électoral, qu'il s'attribue, contre toute vérité. Ça n'a aucun rapport avec l'interview. Il n'a aucune cohérence.»

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