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L'Irak dans l'incertitude après trois ans de guerre

Trois ans après l'invasion de l'Irak par une coalition commandée par les Etats-Unis, les dirigeants du pays peinent à le doter d'institutions stables pour éviter le scénario d'une guerre civile. La violence a encore fait au moins 26 morts lundi.

Le pays aborde cette quatrième année de présence de forces étrangères, notamment américaines, sans perspective d'une fin des violences et au milieu de crispations confessionnelles qui font dire à certains responsables que l'Irak est déjà entré en guerre civile.

Les tractations pour un gouvernement d'union nationale ont elles été suspendues pour une semaine après un accord de principe sur la création d'un Conseil national de sécurité chargé des questions stratégiques, a indiqué un négociateur kurde, Mahmoud Osmane.

Celui-ci a fait état d'une persistance des désaccords sur ses prérogatives. «Certains demandent qu'il n'ait qu'un rôle consultatif», a-t-il précisé.

Gouvernement d'union nationale

L'idée selon lui est que les décisions de cette instance composée de 19 membres soient prises à la majorité des deux tiers. Le Conseil doit être formé de 9 membres de l'Alliance unifiée irakienne, le bloc parlementaire chiite majoritaire, 4 de l'Alliance kurde, 3 du Front de la Concorde (sunnite), 2 de la Liste nationale irakienne de l'ex-Premier ministre Iyad Allaoui et un du groupe du sunnite Saleh Motlaq.

Le chef de l'Etat, le Premier ministre, le président du Parlement, avec chacun leurs deux adjoints, font partie des 19 membres. Ce Conseil, bien qu'il ne soit pas prévu par la Constitution, est perçu comme un moyen de faciliter la formation d'un gouvernement d'union nationale.

Guerre civile

Ce progrès n'a pas empêché M. Allaoui de reparler de guerre civile, même si cette perspective a été écartée par le président Jalal Talabani et de hauts responsables américains et britanniques.

«Il n'y a aucune institution pour protéger la population, il y a une purification ethnique en cours ici et là dans le pays, et cela est en fait du niveau de la guerre civile», a affirmé M. Allaoui à la chaîne américaine NBC.

«Nous devons avoir suffisamment de courage pour le dire», a ajouté M. Allaoui. «L'économie est presque au point mort, les services se détériorent, le sectarisme gagne et les milices contrôlent plusieurs quartiers de Bagdad».

Echec du projet américain

Le Comité des oulémas, principale association de religieux sunnites, a quant à lui affirmé que «le projet américain en Irak avait échoué». Il a réclamé un calendrier de retrait des forces étrangères sous supervision de l'ONU.

Le Premier ministre Ibrahim Jaafari s'est pour sa part dit certain de l'existence d'un plan consistant à précipiter le pays dans une guerre, tout en se félicitant de la réaction des religieux à la fois chiites et sunnites qui a fait avorter, selon lui, ces desseins.

Il a écrit, dans une tribune publiée dans le Washington Post, avoir confiance dans la constitution d'un gouvernement lui permettant «d'étouffer le terrorisme qui a envahi notre pays».

Vingt-six morts

Sur le terrain, 26 Irakiens ont été tués lundi dans différentes attaques, selon des sources de sécurité. Neuf corps non identifiés de personnes exécutées par balles ont aussi été découverts, s'ajoutant à 19 corps retrouvés dimanche.

L'attaque la plus violente s'est produite à Bagdad où une bombe a explosé au passage d'un convoi de commandos de la police, tuant six personnes.

A Kerbala, ville sainte à 110 km au sud de Bagdad, des centaines de milliers de chiites ont célébré le 40e jour du deuil de l'Achoura au milieu de strictes mesures de sécurité de crainte d'un attentat qui viendrait exacerber la tension confessionnelle. (ats)

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