L'Iran a 30 jours pour suspendre l'enrichissement
Actualisé

L'Iran a 30 jours pour suspendre l'enrichissement

Le Conseil de sécurité des Nations unies a donné mercredi 30 jours à l'Iran pour suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium. Il s'est toutefois gardé de dire quelles mesures il pourrait prendre si Téhéran n'obtempérait pas.

Le Conseil a adopté à l'unanimité une déclaration que ses cinq membres permanents (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) ont mis trois semaines à négocier entre eux.

Dans sa déclaration, le Conseil appelle l'Iran à prendre les mesures requises par le Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) «qui sont essentielles pour établir la confiance (de la communauté internationale) dans le caractère exclusivement pacifique de son programme nucléaire».

Il souligne «l'importance particulière d'un rétablissement complet et durable de la suspension (par l'Iran) de toute activité liée à l'enrichissement d'uranium, y compris dans un cadre de recherche et développement, et que cette suspension soit vérifiée par l'AIEA».

Opposition de la Chine et la Russie

Il réclame dans les 30 jours un rapport du directeur de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, sur la manière dont l'Iran se sera conformé à ces dispositions. Initialement fixé à 14 jours, ce délai a été allongé à la demande des Russes et des Chinois.

De même, le rapport doit être adressé au Conseil des gouverneurs de l'AIEA «et parallèlement» au Conseil de sécurité, alors que la version initiale prévoyait un rapport au seul Conseil de sécurité.

La Russie et la Chine ont bataillé pied à pied pour éliminer des passages du texte qui leur déplaisaient, notamment un paragraphe affirmant que le programme nucléaire iranien constituait une menace à la paix et à la sécurité internationales.

Moscou et Pékin ne voulaient pas entendre parler d'une telle formulation car aux termes de la Charte des Nations unies, elle pouvait ouvrir la voie, dans une seconde étape, à des mesures punitives, des sanctions notamment.

Réunion cruciale à Berlin

Si l'Iran ne s'y conforme pas, «le Conseil de sécurité prendra ses responsabilités, la balle est maintenant dans le camp de l'Iran», a déclaré l'ambassadeur de France à l'ONU, Jean-Marc de La Sablière. «Dans 30 jours, le Conseil de sécurité sera compétent et prêt à agir», a affirmé son collègue américain, John Bolton.

Ni l'un ni l'autre n'a voulu évoquer ce que le Conseil pourrait décider si fin avril, le rapport de l'AIEA devait établir que Téhéran ne s'est pas plié à ses exigences.

Les ministres des affaires étrangères des cinq permanents du Conseil et de l'Allemagne se réunissent jeudi à Berlin pour discuter d'une stratégie à long terme face au problème posé par les ambitions nucléaires iraniennes.

L'Iran insiste sur les fins pacifiques de son programme nucléaire civil, mais les Etats-Unis et leurs alliés le soupçonnent de vouloir se doter de la bombe atomique. Son ambassadeur à l'ONU, Javad Zarif, a réaffirmé jeudi le caractère civil du programme nucléaire de l'Iran et son attachement au Traité de non prolifération (TNP). (ats)

Ton opinion