L'Iran accuse les Etats-Unis de «terrorisme»
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L'Iran accuse les Etats-Unis de «terrorisme»

LE CAIRE - Des critiques de l'Iran à l'encontre des Etats-Unis ont monopolisé l'attention lors de la seconde journée de la conférence sur l'Irak à Charm el-Cheikh.

Cette réunion était consacrée au soutien aux autorités de Bagdad pour lutter contre la violence endémique.

Dans son discours devant les représentants d'une soixantaine de pays et organisations internationales réunis dans la station balnéaire égyptienne, le ministre iranien des affaires étrangères a vivement attaqué les Etats-Unis.

Manouchehr Mottaki a accusé Washington de se livrer à des actes de «terrorisme» en Irak et de projeter d'»attaquer» les pays voisins.

Refroidi

Ces propos ont refroidi ceux qui espéraient une reprise franche du dialogue entre les Etats-Unis et l'Iran, officiellement rompu depuis 1980. Des experts iraniens et américains se sont pourtant rencontrés en marge de la conférence, a affirmé le chef de la diplomatie irakienne Hoshyar Zebari devant la presse.

Mais une rencontre en tête-à-tête entre la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice et M. Mottaki, objet de toutes les rumeurs, n'a finalement pas eu lieu, les deux leaders n'ayant eu qu'un bref échange jeudi.

Avec la Syrie, les choses s'étaient mieux passées la veille, Mme Rice ayant rencontré pendant une demi-heure son homologue syrien Walid Mouallem, première rencontre à ce niveau depuis janvier 2005. Elle a précisé avoir évoqué avec lui le «problème des combattants étrangers à l'origine de la plupart des attentats en Irak».

Financement

Les Etats-Unis accusent la Syrie de ne pas faire assez pour empêcher l'infiltration des insurgés en Irak. Ils accusent également Damas et Téhéran d'attiser la violence chez leur voisin, en finançant respectivement la rébellion sunnite et les milices chiites.

L'armée américaine a annoncé vendredi l'arrestation de 16 insurgés irakiens présumés qu'elle soupçonne de liens avec l'Iran. Ils ont été interpellés lors d'une opération à Bagdad dans le bastion chiite de Sadr City.

Jeudi, la cheffe de la diplomatie britannique, Margaret Beckett, s'était pour sa part entretenue avec M. Mottaki, première rencontre entre leurs deux pays depuis la crise des marins détenus pendant 15 jours en Iran il y a un mois.

L'avenir

Sur le thème central de la conférence, à savoir l'avenir de l'Irak, les responsables irakiens et les représentants de la communauté internationale, dopés par un assouplissement de la politique américaine au Moyen-Orient, ont exhorté les voisins de ce pays à l'aider à lutter contre la violence endémique.

«Nous ne permettrons pas aux organisations terroristes de considérer que le territoire irakien est un lieu sûr pour elles», a affirmé le premier ministre irakien Nouri al-Maliki durant la réunion.

Prenant également la parole, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a pressé les participants «de faire (leur) part du travail dans la dénonciation de la violence confessionnelle en Irak, de renforcer l'échange bilatéral dans la région et d'encourager le dialogue national en Irak».

Transit de terroristes

Dans leur communiqué final, les participants «réitèrent en particulier leur appel à empêcher le transit de terroristes et d'armes vers et depuis l'Irak, et soulignent de nouveau l'importance de renforcer la coopération entre l'Irak et ses pays voisins pour contrôler leurs frontières communes».

L'Iran, la Syrie, l'Arabie saoudite, les Etats-Unis, l'Union européenne (UE) et l'ONU ont notamment pris part à cette réunion. Jeudi, les participants ont adopté un plan quinquennal de sauvetage de l'Irak et promis d'annuler environ 30 milliards de dollars de dette.

Sur le terrain, la violence perdure. Au moins cinq policiers irakiens ont été tués vendredi dans le sud de Bagdad lors de l'explosion d'une bombe au passage de leur patrouille.

(ats)

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