Actualisé 11.10.2009 à 19:48

Nucléaire

L'Iran menace d'enrichir de l'uranium

L'Iran a affirmé samedi qu'il enrichirait lui-même de l'uranium pour son réacteur de recherche en cas d'échec des discussions sur un accord qui chargerait un pays tiers de le faire.

Mahmoud Ahmadinejad a estimé dimanche que l'Occident aurait plus à perdre que l'Iran en cas d'échec de la rencontre de Vienne.

Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a estimé dimanche soir que la prochaine réunion prévue à Vienne avec les puissances impliquées dans le dossier du nucléaire iranien serait un test de la possibilité d'avoir une coopération «fructueuse» avec les Occidentaux.

«La réunion du 19 octobre est un test d'une coopération fructueuse à l'avenir. Un échec de cette réunion et la prise de sanctions contre l'Iran nuiraient davantage à l'Occident qu'à l'Iran», a dit Ahamedinejad à la télévision iranienne.

Interrogé samedi par l'agence iranienne ISNA sur ce que ferait Téhéran en cas d'échec des discussions, le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Ali Shirzadian, a répondu: «Nous écrirons une lettre pour annoncer à l'Agence (AIEA) que l'Iran agira de son propre chef pour fournir au réacteur de Téhéran le combustible nécessaire.»

«L'Iran possède entièrement la technologie de l'enrichissement et par conséquent s'installera à la table de négociations avec un moyen de pression», a ajouté M. Shirzadian, ajoutant que son pays préférait «acheter en gros le combustible pour le réacteur de Téhéran car c'est plus économique». Selon lui, le réacteur a besoin de 200 kilos d'uranium enrichi à 20%.

Le 1er octobre à Genève, l'Iran et les six grandes puissances se sont mises d'accord sur le principe que l'Iran livrerait une partie de son uranium enrichi à moins de 5% à un pays tiers pour obtenir en contrepartie de l'uranium enrichi à 19,75% à destination de son réacteur de recherche à Téhéran, totalement sous contrôle de l'AIEA.

Selon des diplomates occidentaux, l'Iran a accepté à Genève d'envoyer environ 80% de ses stocks d'uranium faiblement enrichi en Russie et en France pour y être traités. Cet uranium doit ensuite être renvoyé à Téhéran pour les besoins d'un réacteur de recherche qui produit des isotopes radioactifs utilisés dans le traitement des cancers.

Clinton exige «des actes»

Hillary Clinton a salué, dimanche lors d'une conférence de presse à Londres les avancées consécutives à la réunion de Genève comme «un début constructif», tout en lançant un message à Téhéran pour que les pourparlers soient «suivis par des actes».

«Les paroles ne suffisent pas et nous parlons d'une seule voix pour adresser à l'Iran un message clair: la communauté internationale n'attendra pas indéfiniment que l'Iran montre qu'il est prêt à honorer ses obligations internationales», a-t-elle prévenu après des entretiens à Londres avec son homologue britannique David Miliband.

De plus amples discussions à Vienne

Les conditions de l'accord conclu à Genève seront examinées le 19 octobre à Vienne entre Iraniens, Russes, Français, Américains et les responsables de l'AIEA, qui a son siège dans la capitale autrichienne.

Les négociateurs étudieront notamment le calendrier, la quantité d'uranium qui sera envoyée à l'étranger ou les garanties de non- prolifération sur l'utilisation finale.

Mercredi, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a affirmé que son pays «achètera ce combustible à n'importe quel pays qui sera disposé à le vendre. Les Etats-Unis pourraient aussi être l'un des vendeurs».

Pour les grandes puissances, l'accord diminuerait les stocks d'uranium faiblement enrichi de l'Iran, qui n'a pas a priori d'usage civil puisque l'Iran n'a pas de centrale nucléaire opérationnelle, mais qui suffirait à fabriquer une bombe atomique à condition d'être enrichi. (ap)

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