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Nucléaire iranienL'Iran montre ses muscles avant d'affronter les Six à Genève

L'Iran a procédé lundi à des tirs de missiles de longue portée capables d'atteindre Israël.

Ces essais ont été vivement critiqués par les capitales occidentales, à trois jours des discussions prévues à Genève entre Téhéran et les grandes puissances.

«Les forces armées ont procédé avec succès lundi au tir d'un missile Ghadr-1, version améliorée du Shahab-3 d'une capacité de 1800 km, et d'un missile Sejil à deux étages utilisant du combustible solide», a annoncé le commandant des forces aériennes des Gardiens de la révolution, Hossein Salami, cité par la télévision iranienne en langue arabe Al-Alam.

Israël à portée de tir

Le Sejil est un missile d'une portée de 2000 km et «possède des capacités extraordinaires», selon l'ancien ministre de la Défense, Mohammad Ali Najar. Les deux missiles sont capables d'atteindre Israël, la Russie et des bases américaines dans le Golfe.

«Toutes les cibles dans la région, où qu'elles se trouvent, peuvent être atteintes», a noté le commandant Salami, cité par l'agence ISNA. Il a par ailleurs prévenu que la réponse de l'Iran face aux menaces extérieures serait «directe, ferme et destructrice».

Le ministre de la Défense Ahmad Vahidi a de son côté prévenu Israël qu'attaquer les installations nucléaires de la République islamique ne ferait que «hâter la disparition» de l'Etat hébreu. Israël et les Etats-Unis n'ont pas exclu l'option militaire face au programme nucléaire iranien. Les Occidentaux accusent Téhéran de chercher à fabriquer l'arme atomique, ce que l'Iran a toujours démenti.

Inquiétude occidentale

Les Gardiens de la révolution ont par la suite annoncé que ces manoeuvres «défensives» entamées la veille avaient pris fin «en atteignant tous leurs objectifs». Ces nouveaux tests de missiles ont été présentés comme étant sans rapport avec l'actuelle tension avec les Six - Etats-Unis, Chine, Allemagne, Russie, France et Grande- Bretagne - à propos du programme nucléaire iranien.

Ils n'en ont pas moins provoqué l'inquiétude des occidentaux. La France a demandé à l'Iran de «cesser immédiatement» ses «activités profondément déstabilisantes», alors que l'Allemagne a elle jugé que ces tirs de missiles sont «inquiétants» et ne constituent «pas un signal susceptible de créer la confiance».

Londres et Washington ont déploré une «provocation». Le Royaume- Uni a toutefois affirmé que «la grande question de la semaine» serait l'attitude de l'Iran lors des discussions de Genève.

La Maison blanche a pour sa part a dit attendre des Iraniens qu'ils acceptent à Genève «un accès immédiat et sans restrictions» à leur second site nucléaire. Un peu plus tôt, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton avait dit attendre de Téhéran «des preuves convaincantes» du caractère civil de ses activités nucléaires.

Le chef de la diplomatie de l'UE Javier Solana, qui a également exprimé sa «préoccupation», a de son côté estimé que la réunion de jeudi devait conduire à des «engagements» nets de la part de Téhéran, quelques jours après la révélation par l'Iran de la construction d'une second site d'enrichissement d'uranium.

Fermeté iranienne

Le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov s'est lui aussi dit «préoccupé» et a appelé à la retenue et au «bon sens» pour que cette réunion soit couronnée de succès. Il a exhorté Téhéran à coopérer «au maximum» avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

«Nous n'accepterons aucune condition nouvelle dans l'affaire du nucléaire», a toutefois lancé l'influent député Allaeddine Boroujerdi, président de la Commission des Affaires étrangères au parlement iranien. Dénonçant la «propagande» occidentale contre le nouveau site d'enrichissement d'uranium, il a mis en garde les Occidentaux contre un «échec» des négociations de Genève.

L'AIEA avait elle annoncé vendredi que l'Iran l'avait informée de la construction de cette nouvelle usine en plus de celle de Natanz (centre), ravivant les inquiétudes des pays occidentaux. Téhéran a répété lundi que ce second site «ne viole aucune loi internationale» et assuré qu'il serait placé sous la supervision de l'AIEA. (ats)

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