Actualisé 19.10.2009 à 17:53

Nucléaire iranien

L'Iran négocie l'enrichissement de son uranium à l'étranger

L'Iran a entamé lundi, sous l'égide de l'AIEA, la négociation d'un accord avec les Etats-Unis, la Russie et la France sur l'enrichissement à l'étranger d'uranium à usage civil.

Ces discussions doivent permettre d'apaiser les tensions autour du programme nucléaire mené par la République islamique.

La réunion a débuté peu après 15h20 avec une intervention du directeur général de l'agence onusienne, Mohamed ElBaradei avant de se poursuivre à huis-clos au siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et sous le contrôle de celle-ci.

Cependant, avant même le début des discussions, Téhéran a averti lundi matin qu'en cas d'échec, l'Iran procéderait par ses propres moyens à l'enrichissement de l'uranium à 20%.

«La République islamique d'Iran continuera son enrichissement d'uranium jusqu'à 5%, mais si les négociations ne donnent pas de résultats adéquats, nous commencerons nos activités pour produire de l'uranium enrichi à 20% et ne renoncerons jamais à notre droit», a déclaré Ali Shirzadian, porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), cité par l'agence de presse iranienne IRNA.

La délégation iranienne est dirigée par l'ambassadeur de Téhéran à l'AIEA, Ali Asghar Soltanieh, et comprend Hamid-Reza Asgari, premier conseiller de l'OIEA. La délégation française est présidée par l'ambassadrice Florence Mangin.

L'équipe américaine est dirigée par le secrétaire adjoint à l'Energie Dan Poneman, secondé par le représentant de Washington auprès de l'agence, Glyn Davies. La délégation russe est pilotée par le vice-responsable de l'agence atomique russe, Nikolaï Spassky.

Accord de principe à Genève

Le 1er octobre à Genève, après 15 mois sans la moindre négociation directe, l'Iran et les pays du groupe des Six (Etats- Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France et Allemagne) étaient parvenus à un accord de principe: Téhéran livrerait une partie de son uranium enrichi à moins de 5% à un pays tiers pour obtenir en contrepartie de l'uranium enrichi à 19,75% pour son réacteur de recherche à Téhéran, totalement sous contrôle de l'AIEA, et cela à des fins médicales.

Ces nouvelles discussions entre puissances nucléaires et l'Iran sont considérées comme cruciales pour tenter d'apaiser les tensions sur le programme nucléaire controversé.

L'Iran, dont la priorité est d'obtenir du combustible pour son réacteur de recherche, va devoir livrer à un pays tiers la plus grande partie des 1.500 kg d'uranium, enrichi ces dernières années malgré les injonctions du Conseil de sécurité de l'ONU de geler ces activités jusqu'à ce que l'AIEA puisse affirmer que le programme est purement civil comme l'affirme Téhéran.

Soupçons des Occidentaux

Les Occidentaux, en revanche, soupçonnent le régime islamique de vouloir se doter de l'arme atomique, un objectif nécessitant de l'uranium hautement enrichi.

Concrètement, les quatre pays doivent établir le volume et mettre au point les modalités de ce transfert d'uranium faiblement enrichi vers des usines spécialisées en Russie et en France de façon à obtenir des niveaux d'enrichissement nécessaires à la fabrication d'isotopes à des fins de traitements médicaux (cancer notamment) dans le réacteur de recherche de Téhéran.

Par ailleurs, Ali Shirzadian a «catégoriquement démenti» les informations selon lesquelles l'Iran acceptait de renoncer à ses activités d'enrichissement avec sa participation aux négociations de Vienne.

«Avec cette proposition (d'enrichissement par des tiers) l'Iran veut seulement faire baisser les coûts et démontrer sa volonté de s'entendre avec les autres pays. Cela ne signifie en aucun cas l'arrêt de l'enrichissement en Iran ou le transfert des activités d'enrichissement en dehors du pays», a-t-il ajouté.

(ats)

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