Genève: «L'irruption du politique dans le privé est honteuse»
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Genève«L'irruption du politique dans le privé est honteuse»

Un expert va faire la lumière sur l'indemnité versée par Mark Muller au barman du Moulin à Danses. Tollé des avocats de l'employé.

par
Raphaël Leroy
Mark Muller (g.) aux côtés du président du Conseil d'Etat, Pierre-François Unger. Le magistrat libéral ne compte pas démissionner.

Mark Muller (g.) aux côtés du président du Conseil d'Etat, Pierre-François Unger. Le magistrat libéral ne compte pas démissionner.

Un homme «indépendant, praticien du droit et extérieur au canton de Genève». Voilà le profil de celui qui sera amené, au nom du Conseil d'Etat, à mettre son nez dans l'accord conclu le 8 février entre Mark Muller et le barman qu'il a agressé la nuit du réveillon. Il devra attester que les montants de l'indemnité octroyée par l'élu à l'employé n'inclut pas de tort moral.

«On m'a demandé de la boucler!»

«Le but est de retrouver la sérénité et de mettre fin au climat de suspicion», a expliqué mercredi le président du Conseil d'Etat, Pierre-François Unger. Ce dernier avait demandé des éclaircissements sur le montant de l'indemnité.

Mais une clause de confidentialité contenue dans la convention a empêché Mark Muller d'y donner suite. «Les avocats de la partie adverse m'ont demandé de la boucler, a lancé le magistrat. C'est pour cela que j'ai appelé cette solution de mes vœux.»

«Un danger pour la République»

Une issue qui scandalise l'un des conseils du barman, Me Philippe Juvet. «L'irruption du politique dans une affaire de droit privé est honteuse et dangereuse pour la République, s'est exclamé l'avocat. Mais c'est habile de la part de Mark Muller. Cela lui permet de ne pas demander la levée de la confidentialité et de sortir indemne de cette affaire si mon client exclut la solution proposée.»

En effet, Me Juvet a demandé mercredi au barman de prendre position. En cas de refus, Pierre-François Unger n'a pas caché que l'affaire s'arrêterait là.

De nouvelles poursuites contre l’édile?

Les avocats de l’employé du MàD entendent donner une suite juridique à la divulgation d’une lettre à la presse mardi par Mark Muller. Rédigée par Me Juvet, conseil du barman, cette missive rappelle les devoirs du magistrat concernant la clause de confidentialité liée à l’accord passé entre les parties. «C’est une violation de cette clause», s’exclame Me Juvet, qui n’exclut pas de se constituer partie civile lui aussi. Mark Muller risque donc de devoir repasser à la caisse en cas de poursuites.

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