Actualisé 20.03.2020 à 08:21

CoronavirusL'Italie alerte le monde sur ce qui l'attend

Premiers confinés en Europe, les Italiens observent avec effroi leurs voisins vivre comme si de rien n'était.

Après la Chine, ils ont été les premiers touchés par la pandémie de coronavirus: de nombreux Italiens alertent désormais le reste du monde sur ce qui l'attend, l'implorant de se protéger contre cet assassin invisible. «Protégez-vous, je vous en supplie. N'écoutez pas ceux qui vous disent que ce n'est rien», tweete ainsi une religieuse, Linda Maresca.

«Je veux vous alerter pour que vous n'ayez pas à affronter ce que nous affrontons ici», a expliqué à ses 386'500 followers sur Instagram le blogueur italien Marco Cartasegna. «S'il vous plaît, servez-vous de notre exemple et agissez maintenant pour prévenir une crise majeure dans vos pays».

Presque autant de morts qu'en Chine

Près de 3000 personnes sont mortes en Italie, un bilan désormais très proche de celui de la Chine qu'elle pourrait très rapidement dépasser. Plus de 35'000 cas ont été recensés, en immense majorité dans le nord du pays, où les hôpitaux sont au bord de la rupture.

La population y a pleinement conscience de l'ampleur de la catastrophe. Selon un sondage paru jeudi, la quasi totalité des Italiens (94%) soutient les strictes mesures de confinement prises par le gouvernement.

Un réalisateur, Olmo Parenti, a fait un court-métrage, «Dix jours», entamé après le début du confinement, dans lequel des Italiens parlent «depuis le futur» au reste du monde. «Arrêtez de vous moquer de votre mère quand elle vous dit d'acheter des masques. Sortez et achetez les», enjoint une femme. «Le scénario du pire? C'est exactement ce qui va se produire», dit un autre, masque sur la bouche. A la fin du court-métrage, ce message: «On a sous-estimé ça. Vous n'êtes pas obligés de nous imiter. Restez à la maison».

Effroi devant les autres pays

L'Italie a d'abord confiné une grande partie du nord, où vit un quart de sa population. La mesure n'a été étendue que quelques jours plus tard au reste du pays, où dans l'intervalle la population a continué à vivre comme d'ordinaire.

Mais quand l'ampleur de la catastrophe sanitaire leur est clairement apparue, les Italiens ont observé avec effroi leurs voisins vivre comme si de rien n'était. Les images de milliers de supporteurs français se pressant autour du parc des Princes à Paris après un match à huis-clos, a choqué. Tout comme la suggestion la semaine dernière faite à la télévision par un médecin britannique que les Italiens se servaient du coronavirus comme d'un prétexte à «une longue sieste».

Sur Twitter, Lylion a adressé un message aux «autres pays concernés par le Covid-19: vos hôpitaux ne tiendront pas. Vos médecins seront épuisés». «Paradoxalement, on se sent plus en sécurité en ce moment en Italie», tweete David Giovinazzo. (nxp/afp)

Le tourisme risque un recul d'un demi-siècle

L'épidémie de Covid-19 risque de faire reculer en 2020 le tourisme italien au niveau auquel il se trouvait au milieu des années 1960, a indiqué jeudi le syndicat des opérateurs du tourisme Assoturismo.

«Même en imaginant une solution rapide à la crise sanitaire en Italie, l'effet de la pandémie sur le marché international et la confiance des voyageurs nous fera terminer l'année avec une réduction de plus de 260 millions de présences (-60%) par rapport à l'année dernière», a écrit le syndicat sur son site.

«Le tourisme italien terminerait donc l'année 2020 avec environ 172 millions de présences: un niveau que l'on enregistrait au milieu des années 60 quand le monde était divisé en blocs (Guerre froide, ndlr) et quand les voyages aériens étaient un luxe que peu de personnes pouvaient se permettre», a poursuivi Assoturismo.

(NewsXpress)

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