Actualisé 22.04.2008 à 12:35

L'Italie cherche une solution pour sauver Alitalia

Alitalia a plongé dans l'inconnu au lendemain du retrait de l'offre de rachat d'Air France-KLM.

Cet abandon rapproche inexorablement la compagnie d'une procédure de mise sous tutelle, avec à la clé une possible faillite.

L'Italie cherchait mardi une nouvelle solution pour sauver la compagnie nationale. Ce retrait met les autorités dans l'embarras, alors que Romano Prodi gère les affaires courantes avant l'arrivée aux commandes de Silvio Berlusconi attendue mi-mai.

Le gouvernement sortant de M. Prodi tiendra mercredi une réunion d'urgence pour discuter de l'avenir de la compagnie, qui perd un million d'euros par jour. Alitalia risque la cessation de paiements dans les semaines ou les mois qui viennent, et de voir sa licence révoquée par l'aviation civile italienne.

La compagnie aérienne estime avoir besoin d'au moins 750 millions d'euros d'ici au milieu de l'année. En Bourse, la cotation d'Alitalia a été suspendue dans l'attente d'informations.

Aide en principe interdite

Selon la presse, M. Prodi pourrait octroyer un prêt d'urgence à la compagnie italienne ou la placer sous tutelle avec la nomination d'un commissaire extraordinaire chargé d'évaluer une possible restructuration ou de la mettre en faillite.

De son côté, la Commission européenne a rappelé qu'Alitalia ne pouvait plus bénéficier d'une aide avant 2011 car elle en avait déjà obtenu dans le passé, les dernières remontant à 2001.

Certains médias croient savoir que des banques italiennes pourraient venir à la rescousse. Elles proposeraient un à deux milliards d'euros pour recapitaliser la compagnie, ce qui donnerait un an de répit à Alitalia pour trouver un partenaire.

Romano Prodi avait donné son aval à l'offre d'Air France-KLM, mais la proposition de la compagnie franco-néerlandaise a subi les foudres conjuguées des syndicats et de l'opposition. Son leader, Silvio Berlusconi, avait promis de rejeter l'offre s'il était élu.

M. Berlusconi a en outre assuré pendant toute la campagne électorale qu'il disposait d'un groupe d'entrepreneurs italiens prêts à mettre la main au portefeuille. Mais le projet ne s'est toujours pas concrétisé.

Peut-être Aeroflot

Il a aussi évoqué une reprise des contacts avec la compagnie russe Aeroflot, qui s'était retirée de la course pour la privatisation d'Alitalia en novembre.

Mardi, un porte-parole de la compagnie russe a déclaré qu'Aeroflot attendait une invitation à l'ouverture de pourparlers avec Alitalia. «Nous attendons que la partie italienne nous invite. Cependant, Aeroflot sera guidé par des raisons purement pragmatiques et par l'intérêt des investisseurs.»

(ats)

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