Actualisé 10.07.2006 à 11:00

L'Italie n'oublie pas le scandale du Calcio

Treize des vingt-trois joueurs de l'Italie championne du monde pourraient évoluer dès cette semaine dans des clubs de 2e division en raison du vaste scandale des matches truqués. Verdict attendu mercredi.

Dans ce procès des matches truqués, le premier concernant la justice sportive en Italie, la Juventus, l'AC Milan, la Lazio de Rome et la Fiorentina pourraient être reléguées en 2e, voire en 3e division.

Dimanche, la victoire aux tirs aux buts et la revanche prise sur la France n'a pas fait oublier ce vaste scandale dans lequel les quatre clubs sont soupçonnés d'avoir obtenu des arbitres favorables lors de plusieurs rencontres de la saison 2004-05.

Nouveau départ

«Cette victoire doit représenter les fondements du nouveau football italien», a espéré le commissaire extraordinaire de la Fédération italienne (FIGC) Guido Rossi, entré en fonction après la démission en mai de Franco Carraro, lui aussi mis en cause dans l'affaire pour ses liens troubles avec plusieurs dirigeants de clubs.

«Deux grands matches vont se mêler, celui de la finale à Berlin et celui qui doit rendre propre le football italien», avait déjà résumé dimanche la ministre des Sports Giovanna Melandri, ajoutant: «le football italien n'a besoin ni d'amnistie ni de vendetta, mais de vérité et de justice, parce que nous nous trouvons face au plus gros scandale de l'histoire du sport italien.»

Si aucun joueur n'a été déféré devant la justice sportive, vingt-cinq personnes, parmi lesquels des arbitres, des juges de touche, des dirigeants de club et des responsables de la Fédération sont visés par des requêtes de suspension.

Tour à tour, de Luciano Moggi, ex-directeur général de la Juventus Turin à Adriano Galliani, vice-président de l'AC Milan en passant par l'industriel Diego Della Valle, président honoraire de la Fiorentina, les grands noms du Calcio se sont retrouvés impliqués dans cette sombre affaire, éclaboussés par des écoutes téléphoniques où l'on discute de choix d'arbitres, de coups de main sur la pelouse et d'autres échanges de faveurs.

Du coup, si de sévères sanctions sont prises cette semaine comme l'a réclamé le procureur, plus de la moitié des 23 héros italiens devront vite choisir entre la recherche d'un nouveau club ou le purgatoire d'une ou plusieurs saisons loin de l'élite du Calcio.

Bizarre

«Cela peut paraître bizarre de voir des joueurs disputer la Coupe du monde et risquer la relégation. Mais ils sont tous des joueurs de haut niveau et en cas de pénalisation, ils trouveront d'autres équipes», avait estimé la semaine dernière le milieu de terrain de l'AC Milan et de la Squadra Azzurra, Rino Gattuso.

Comme lui, le capitaine et pilier de la défense Fabio Cannavaro, le latéral Gianluca Zambrotta ou le gardien Gianluigi Buffon (Juventus) pourraient tenir, avec les attaquants Luca Toni (Fiorentina) et Alberto Gilardino (AC Milan), les premiers rôles d'une autre aventure qui n'aura rien à voir avec le Mondial: celle d'un marché des transferts estival rendu fou par les difficultés de leurs clubs. (ats)

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