Criminalité: L'Italie va créer une formation anti-mafia

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CriminalitéL'Italie va créer une formation anti-mafia

L'Italie va créer un centre de formation dans la lutte anti-mafia près de Naples, dans l'une des régions les plus touchées par le crime organisé, et va accroître les confiscations de biens mafieux.

«La nouvelle école réunira toutes les expertises et connaissances sur le crime organisé. Elle conseillera et donnera des indications sur la lutte anti-mafia aux forces de police du monde entier», a annoncé Antonio Manganelli à Rome lors de l'assemblée générale annuelle d'Interpol, l'organisation policière internationale.

«Nous avons jugé nécessaire qu'il y ait dans le monde une structure pour donner des cours aux policiers spécialisés dans les enquêtes et la lutte contre les mafias», a expliqué M. Manganelli. Selon lui, «l'Italie a été choisie parce que nous sommes bons pour faire les mafieux mais aussi pour les combattre».

L'école sera installée à Caserte, près de Naples, et sera accessible aux forces de police des 190 pays membres d'Interpol. «L'idée est de se rencontrer pour parler le même langage: celui des enquêteurs», a souligné le chef de la police italienne.

Accord avec la Colombie

M. Manganelli a par ailleurs annoncé la conclusion cette semaine d'un accord avec la Colombie pour faciliter la saisie de biens liés au trafic de drogue et à la criminalité organisée: «il faut que nous reprenions par la force ce qui nous a été volé», a-t-il dit.

L'Italie saisit chaque année des milliards d'euros de biens de familles ou bandes mafieuses dont des villas et voitures de luxe, des yachts, des collections d'oeuvres d'art mais aussi des entreprises, des entrepôts et des habitations. Au terme d'une procédure spéciale, ces biens sont généralement confisqués de manière définitive et revendus ou donnés à des organisations caritatives.

Une surveillance encore accrue

A l'issue lundi d'une réunion ministérielle des membres d'Interpol, le ministre français de l'Intérieur Manuel Valls a souligné vouloir s'inspirer des voisins italiens dans la confiscation de biens criminels.

Selon lui, la France a saisi pour 250 millions d'euros d'avoirs criminels en 2010 et pour 300 millions en 2011, sachant que «le trafic de cannabis rapporte environ 2 milliards d'euros par an».

«Il faut aller bien au-delà, s'y attaquer beaucoup plus car c'est l'essence même des réseaux mafieux. Il faut s'en prendre aux signes extérieurs de richesse, aux biens mal acquis et (surveiller) les achats en liquide», a-t-il dit. (afp)

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