Actualisé 08.12.2012 à 21:51

Conférence de Doha«L'objectif minimal a été atteint», selon la Suisse

La Suisse «considère que l'objectif minimal a été atteint» à l'issue de la Conférence de l'ONU sur le climat à Doha (Qatar).

Le seul accord contraignant signé jusqu'ici en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) est en effet maintenu.

Le seul accord contraignant signé jusqu'ici en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) est en effet maintenu.

Près de 200 pays se sont mis d'accord samedi pour reconduire jusqu'en 2020 le protocole de Kyoto. «Des efforts conséquents doivent encore être fournis si l'on veut transformer l'économie et la société pour les rendre respectueuses du climat, c'est-à-dire pauvres en émissions de CO2», a estimé le Département fédéral de l'environnement (DETEC) dans un communiqué diffusé samedi.

Les services de la conseillère fédérale Doris Leuthard soulignent néanmoins que «la poursuite du Protocole de Kyoto et la convention d'une nouvelle période d'engagement (Kyoto 2) par l'UE, l'Australie, la Norvège, la Suisse, le Liechtenstein, Monaco, la Croatie et l'Islande sont des éléments positifs».

Le seul accord contraignant signé jusqu'ici en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) est en effet maintenu. L'acte II de Kyoto a néanmoins une portée essentiellement symbolique: les pays engagés représentent quelque 14% des émissions de GES dans le monde.

«La reconduction du Protocole ne couvre donc pas les émissions des autres gros pollueurs comme les Etats-Unis, la Chine, le Japon, le Brésil, l'Afrique du Sud, l'Inde ou le Canada», regrette le DETEC.

Ces pays ont réaffirmé leur engagement pris à Durban (Afrique du Sud) l'an dernier et convenu d'une certaine réduction de leurs émissions, mais «ils ont une nouvelle fois refusé de s'engager de façon contraignante», relève encore le texte.

Aide aux pays en développement

«Nous sommes loin de respecter la limite maximale de deux degrés de réchauffement, mesure dans laquelle les changements climatiques sont considérés comme maîtrisables», poursuit le DETEC.

Tous les pays ont néanmoins confirmé leur décision prise en 2011 lors de la Conférence de Durban, c'est-à-dire de mettre en place d'ici à 2020 un accord sur le climat qui soit contraignant pour tous et non uniquement pour les Etats industrialisés.

Les pays en développement continueront également à recevoir une aide financière pour faire face aux changements climatiques. «A ce sujet, la Suisse maintient son aide financière et envisage de l'augmenter à l'avenir.» (ats)

Le WWF Suisse estime que le processus s'ensable

Le WWF Suisse estime que la protection du climat s'ensable au terme de la Conférence de l'ONU de Doha (Qatar). Le résultat, avec un accord sur la reconduction jusqu'en 2020 du protocole de Kyoto, est «à peine positif», note l'organisation de protection de l'environnement. «Grâce à quelques décisions, le processus de négociations n'est pas interrompu, ce qui est important», a réagi samedi le WWF Suisse. «En même temps, il est inquiétant de constater à quel point les ambitions pour parvenir à de véritables progrès sont faibles.» Les attentes étaient modestes. Mais les pays participant à la conférence de Doha ont réussi encore à les décevoir, déplore l'association. «Nous avons des décisions en ce qui concerne le protocole de Kyoto et le financement. Elles sont importantes, car ainsi les négociations ne sont pas interrompues. Nous n'avons pas d'autre choix que de suivre cette voie», a dit Patrick Hofstetter, responsable Climat et Energie au WWF Suisse. Cité dans le communiqué, le membre de la délégation officielle suisse à Doha regrette que des grands pays (Etats-Unis, Russie et Chine) «n'ont fait que mettre du sable dans les rouages». Il parle de «résultat frustrant».

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